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Syrius

Syrius

Elève avocat

Tableau de bord

  • Premier article le 26/03/2009
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Derniers commentaires



  • Syrius Syrius 27 mars 2009 01:31

    John Lloyds,

    j’apprécie la profondeur de votre analyse. Je suis loin d’en maîtriser toutes les aspects, aussi je prendrai soin de jeter un oeil attentif aux auteurs, oeuvres et notions auxquelles vous vous référez. C’est, je dois vous l’avouer, un regard neuf que vous m’apportez, mais aussi des repères qui m’aideront sans doute à poser et clarifier (vous avez eu parfaitement raison de souligner l’aspect brouillon de mes développements) ma vision. Je vous retourne en conséquence compliments et remerciements.

    J’ai désormais une raison de plus pour ne pas avoir voulu parler de Gaza smiley



  • Syrius Syrius 26 mars 2009 23:52

    Je ne suis pas daccord avec votre analyse Leon.

    Je rappelle en premier lieu que les termes que j’ai utilisé sont "’idéal séculaire", ou "attachement naturel" des juifs à Israël. Je n’ai même pas parlé de légitimité à la terre.

    Israël est tout simplement l’incarnation éternelle de l’espoir que se transmettent les générations de juifs, qui en avaient bien besoin, à travers les âges. En ce sens, je ne vois pas comment le symbole de l’espoir HELAS cristallisé par Israël et sa situation de manière dramatique, ne se verrait pas attribuer un "attachement naturel".

    Je veux bien éventuellement admettre que le mot attachement peut être, à la lecture de ce qui précède, être substitué par "lien". Mais certainement pas moins.



  • Syrius Syrius 26 mars 2009 23:44

    @JL (warning : réponse longue et horriblement compliquée, j’espère avoir été suffisamment clair pour ne pas vous perdre en chemin)

    Je suis entièrement d’accord avec vous sur le fait que tout cela est à la fois bien compliqué et pour un résultat infime. A ma décharge, je vous avoue que le fait d’avoir envisagé résoudre en un seul message de 40 lignes le problème de l’identité juive, l’antagonisme des pro et anti sionistes et par ricochet, le conflit au P.O était finalement un peu ambitieux. Mon prix nobel de la paix devra attendre.

    Blague à part, ma volonté ici est simplement d’accorder, de m’accorder, un moment de pause pendant lequel j’ai envie de projeter mes envies, mes espérances, dans des mots et de les partager avec des gens. Et de voir ce que ca donne.

    J’ai voulu faire ca ici, sur agoravox, lieu qui me donne des frissons à la lecture. J’ai écrit ce texte en une petite heure, je l’ai relu. Je me suis dit que j’étais sans doute idiot de faire un truc pareil, ici, maintenant. Pour un premier article, sans perspective... J’ai juste voulu voir. J’ai vu. Rien n’est perdu. Les gens sont curieux, certains sont juste plus pessimistes que d’autres. Il y a les irréductibles qui ne veulent pas changer leurs axiomes, mais ils sont bien peu nombreux en définitive.

    Il y a aussi les incrédules qui demandent à croire, dont j’ai l’impression que vous faîtes partie. Vous flairez le tour de passe passe. J’aimerais vous donner tort avec certitude. Je vais me contenter de tenter de répondre sincèrement à vos interrogations. Peut-être y verrai je moi même plus clair.

    Sur Gaza. Il y a plusieurs raisons pour laquelle je ne souhaite précisément pas m’exprimer, particulièrement ici :

    - d’une part parce que, et je vous le répète, ce n’est pas le lieu pour en débattre.

    - d’autre part, parce que je n’ai pas forcément envie de parler de Gaza. Je n’ai pas, personnellement, de compte à rendre concernant Gaza. C’est l’objet du texte que je viens d’écrire.

    - ensuite parce que comme je vous l’ai dit, Israël et Gaza sont loin d’être mes préoccupations principales

    - enfin, c’est un sujet qui, quoique vous en pensiez est d’une complexité épouvantable, que je n’ai plus de dialectique binaire à laquelle s’est substituée une dialectique de rééquilibrage. Sans compétence véritable, je me défends de parler de ce que je ne connais pas et vous me comprendrez, ne participerait pas au lynchage de l’un ou de l’autre. Je refuse de rentrer dans la politique du tout / tout.

    - enfin bis, c’est un sujet que j’ai désormais du mal à défendre avec autant de convictions qu’à l’époque étant donné les conséquences humaines que ce sujet a eu sur moi.

    Pour le reste, bien évidemment que je ne m’en "tappe pas" disons pas plus qu’autre chose (vous voyez ce que je veux dire ?). Et bien évidemment que ces situations dramatiques rentrent en compte dans l’amour et la passion que nous portons, on va dire "respectivement" ou "conjointement" selon la posture qu’on décide d’arborer envers ceux qui sont là bas. Je pense qu’il faut d’abord mettre cette passion au profit de ceux qu’on aime qu’à l’encontre de ceux que l’on hait. Mais je pense que ce sera la dernière étape. Donc pour le moment et parcequ’il n’est pas encore possible de discuter avec des gens qui ont intimement cette logique, je préfère dire que je m’en fous. Je suis désolé, c’est encore très opaque... Mais je crains que c’est le mieux que je puisse faire.

    Je vais vous décevoir pour le second point, je pense vraiment que la racine juive se trouve dans l’ancien testament. Dieu a une représentation trop patriarchale, trop dure, alors que c’est la mère qui fait la lois chez les juifs. De plus, ils sont beaucoup trop bordéliques pour qu’on les reconnaisse là dedans. Il y a un ensemble, oui. Composé des restes des textes saints, d’une certaine recherche d’idéal, de la shoah, des histoires de l’est, du folklore, de la bouffe un peu lourde, des schémas sociologique sérieusement ancrés dans la tête des parents juifs (avocats, médecins, ...) , de l’humour un peu bidon, et ce sentiment de peur qui passe en héritage générations après générations. Vous le savez, en France comme en Israël, une immense majorité des juifs ne pratiquent pas ou très peu.

    La racine Israël est à part en ce qu’elle n’était qu’une référence, un idéal, avant 1948, aussi bien dans les textes que dans la culture politique juive. Israël est le coeur de la culture juive. Vous devez comprendre que depuis la diaspora, on considère les juifs comme le peuple apartride (en plus d’être déicide). Cet état de fait a entraîné des persécutions qui font que pendant des générations et des générations, les juifs ont capitalisé sur la notion d’espoir, cristalisé par Sion, l’Etat d’Israël, synonyme de protection et d’indépendance (je vulgarise. Je précise que ce n’est pas une "justification" de quoi que ce soit, mais plutôt l’explication qui me semble la plus commune à la position juive). Donc il existait déjà un lien entre Sion et le coeur juif. Mais Sion n’est d’une part pas Israël et d’autre part encore moins sa politique, Gaza, plomb durci.

    Voilà donc une des grosses difficultés à venir à laquelle je n’ai pas de solution : comment distinguer l’idéal séculaire Sion, religieux, culturel et politique dans la communauté juive "intemporelle" et Israël, pays (entité diront certains) qui connaît depuis sa création un état de guerre permanent... Quand l’un cristallise l’idéal que représente l’autre.

    Israël revêt donc une terrible dualité pour les juifs. Voila ce que je voulais dire par « Que l’on ne fasse plus de procès à un juif de croire en l’idéal séculaire d’Israël, même si c’est un enfer » .

    Votre conclusion étant une synthèse des deux premiers moyens, j’espère sincèrement avoir pu vous apporter un autre degré de lecture et de compréhension.

    Cordialement




  • Syrius Syrius 26 mars 2009 20:47

    Leila,

    j’ai pu lire vos textes. Je sais que vous souffrez plus que je ne puis le décrire de ce qui se passe là bas. Je sais que je dois vous paraître méprisable à affirmer ainsi mon indifférence vis à vis de la situation au P.O.

    D’une part je n’ai pas (plus) votre force. Les démons m’ont habité, comme j’ai pu l’écrire, quand, pro palestinien, puis pro israélien, je me suis heurté de toutes mes forces à mon entourage, de l’un ou l’autre bord. J’ai été traité d’assassin, de terroriste, de raciste, de collabos, par tous au moins une fois, selon les situations. Et j’ai rendu la pareille.

    Je me suis disputé avec le grand nombre, j’ai perdu des amis.

    D’autre part, tout cela ne m’a servi à rien. Pire, cela n’a servi à personne et encore moins là bas. Je me suis partiellement ostracisé. J’ai dégueulé mon fiel et ma douleur au visage des gens qui ne m’avaient rien demandé, braqué d’autre. J’ai séparé les gens parce que seule ma peine et ma rage me conduisaient. En amour comme dans la vie, ces chevaux là ne tirent jamais dans le bon sens, malgré leur fougue.

    L’apaisement des propos tel que le vois devra passer par un apaisement des coeurs et par une discipline : celle de s’inscrire dans une autre logique. Cesser de compter les corps, mais se demander comment faire taire les armes. Cesser de parler de vengeance pour des actes passés, mais d’espoir pour ceux à venir. Et enfin cesser de mettre en lumière les faiseurs de guerre pour donner la parole à ceux qui malgré tout veulent désespérément que cesse cette souffrance.

    Je prie (c’est une formule réthorique) Leila pour que votre coeur connaisse l’apaisement. Mais je connais votre regard, je sais ce qu’il pointe, il porte encore les sillons creusés par mes larmes. Aujourd’hui je vois autrement, et ce grace à une rencontre que je garde en mémoire comme une seconde chance. Les larmes ne font rien pousser, pas même des herbes amères.



  • Syrius Syrius 26 mars 2009 20:27

    Il est dommage que vos affirmations ne supportent pas le doute ; vous gagneriez à vous intéressez aux réponses que vous ignorez plutôt qu’à vos affirmations infondées... Et je trouve dommage que vous ne puissiez me lire qu’à la lumière de votre suspicion.

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