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trobador

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Derniers commentaires



  • trobador 30 avril 2012 22:06

    mais c’est par Brassens que j’ai connu ce poème. Alphonse de Lamartine, la particule et tout ça, cela ne m’inspirait pas hélas.



  • trobador 30 avril 2012 21:52

    Faisons-nous un petit plaisir alors.

    Le poème dans son intégralité : (pensée et non pensées)


    Pensée des morts

    Voilà les feuilles sans sève
    Qui tombent sur le gazon,
    Voilà le vent qui s’élève
    Et gémit dans le vallon,
    Voilà l’errante hirondelle . 
    Qui rase du bout de l’aile :
    L’eau dormante des marais,
    Voilà l’enfant des chaumières
    Qui glane sur les bruyères
    Le bois tombé des forêts.

    L’onde n’a plus le murmure ,
    Dont elle enchantait les bois ;
    Sous des rameaux sans verdure.
    Les oiseaux n’ont plus de voix ;
    Le soir est près de l’aurore,
    L’astre à peine vient d’éclore
    Qu’il va terminer son tour,
    Il jette par intervalle
    Une heure de clarté pâle
    Qu’on appelle encore un jour.

    L’aube n’a plus de zéphire
    Sous ses nuages dorés,
    La pourpre du soir expire
    Sur les flots décolorés,
    La mer solitaire et vide
    N’est plus qu’un désert aride
    Où l’oeil cherche en vain l’esquif,
    Et sur la grève plus sourde
    La vague orageuse et lourde
    N’a qu’un murmure plaintif.

    La brebis sur les collines
    Ne trouve plus le gazon,
    Son agneau laisse aux épines
    Les débris de sa toison,
    La flûte aux accords champêtres
    Ne réjouit plus les hêtres
    Des airs de joie ou d’amour,
    Toute herbe aux champs est glanée :
    Ainsi finit une année,
    Ainsi finissent nos jours !

    C’est la saison où tout tombe
    Aux coups redoublés des vents ;
    Un vent qui vient de la tombe
    Moissonne aussi les vivants :
    Ils tombent alors par mille,
    Comme la plume inutile
    Que l’aigle abandonne aux airs,
    Lorsque des plumes nouvelles
    Viennent réchauffer ses ailes
    A l’approche des hivers.

    C’est alors que ma paupière
    Vous vit pâlir et mourir,
    Tendres fruits qu’à la lumière
    Dieu n’a pas laissé mûrir !
    Quoique jeune sur la terre,
    Je suis déjà solitaire
    Parmi ceux de ma saison,
    Et quand je dis en moi-même :
    Où sont ceux que ton coeur aime ?
    Je regarde le gazon.

    Leur tombe est sur la colline,
    Mon pied la sait ; la voilà !
    Mais leur essence divine,
    Mais eux, Seigneur, sont-ils là ?
    Jusqu’à l’indien rivage
    Le ramier porte un message
    Qu’il rapporte à nos climats ;
    La voile passe et repasse,
    Mais de son étroit espace
    Leur âme ne revient pas.

    Ah ! quand les vents de l’automne
    Sifflent dans les rameaux morts,
    Quand le brin d’herbe frissonne,
    Quand le pin rend ses accords,
    Quand la cloche des ténèbres
    Balance ses glas funèbres,
    La nuit, à travers les bois,
    A chaque vent qui s’élève,
    A chaque flot sur la grève,
    Je dis : N’es-tu pas leur voix ?

    Du moins si leur voix si pure
    Est trop vague pour nos sens,
    Leur âme en secret murmure
    De plus intimes accents ;
    Au fond des coeurs qui sommeillent,
    Leurs souvenirs qui s’éveillent
    Se pressent de tous côtés,
    Comme d’arides feuillages
    Que rapportent les orages
    Au tronc qui les a portés  !

    C’est une mère ravie
    A ses enfants dispersés,
    Qui leur tend de l’autre vie
    Ces bras qui les ont bercés ;
    Des baisers sont sur sa bouche,
    Sur ce sein qui fut leur couche
    Son coeur les rappelle à soi ;
    Des pleurs voilent son sourire,
    Et son regard semble dire :
    Vous aime-t-on comme moi ?

    C’est une jeune fiancée
    Qui, le front ceint du bandeau,
    N’emporta qu’une pensée
    De sa jeunesse au tombeau ;
    Triste, hélas ! dans le ciel même,
    Pour revoir celui qu’elle aime
    Elle revient sur ses pas, 
    Et lui dit : Ma tombe est verte !
    Sur cette terre déserte
    Qu’attends-tu ? Je n’y suis pas !

    C’est un ami de l’enfance,
    Qu’aux jours sombres du malheur
    Nous prêta la Providence
    Pour appuyer notre cœur ;
    Il n’est plus ; notre âme est veuve,
    Il nous suit dans notre épreuve
    Et nous dit avec pitié :
    Ami, si ton âme est pleine,
    De ta joie ou de ta peine
    Qui portera la moitié ?

    C’est l’ombre pâle d’un père
    Qui mourut en nous nommant ;
    C’est une soeur, c’est un frère,
    Qui nous devance un moment ;
    Sous notre heureuse demeure,
    Avec celui qui les pleure,
    Hélas ! ils dormaient hier  !
    Et notre coeur doute encore,
    Que le ver déjà dévore
    Cette chair de notre chair !

    L’enfant dont la mort cruelle
    Vient de vider le berceau,
    Qui tomba de la mamelle
    Au lit glacé du tombeau ;
    Tous ceux enfin dont la vie
    Un jour ou l’autre ravie,
    Emporte une part de nous,
    Murmurent sous la poussière  :
    Vous qui voyez la lumière,
    Vous souvenez-vous de nous ?

    Ah  ! vous pleurer est le bonheur suprême
    Mânes chéris de quiconque a des pleurs !
    Vous oublier c’est s’oublier soi-même  : 
    N’êtes-vous pas un débris de nos coeurs ? 

    En avançant dans notre obscur voyage,
    Du doux passé l’horizon est plus beau,
    En deux moitiés notre âme se partage,
    Et la meilleure appartient au tombeau !

    Dieu du pardon ! leur Dieu ! Dieu de leurs pères !
    Toi que leur bouche a si souvent nommé  !
    Entends pour eux les larmes de leurs frères !
    Prions pour eux, nous qu’ils ont tant aimé !

    Ils t’ont prié pendant leur courte vie,
    Ils ont souri quand tu les as frappés !
    Ils ont crié : Que ta main soit bénie !
    Dieu, tout espoir ! les aurais-tu trompés ?

    Et cependant pourquoi ce long silence  ?
    Nous auraient-ils oubliés sans retour ?
    N’aiment-ils plus ? Ah ! ce doute t’offense !
    Et toi, mon Dieu, n’es-tu pas tout amour  ?

    Mais, s’ils parlaient à l’ami qui les pleure,
    S’ils nous disaient comment ils sont heureux,
    De tes desseins nous devancerions l’heure,
    Avant ton jour nous volerions vers eux.

    Où vivent-ils ? Quel astre, à leur paupière
    Répand un jour plus durable et plus doux ?
    Vont-ils peupler ces îles de lumière ?
    Ou planent-ils entre le ciel et nous ?

    Sont-ils noyés dans l’éternelle flamme ?
    Ont-ils perdu ces doux noms d’ici-bas,
    Ces noms de soeur et d’amante et de femme ?
    A ces appels ne répondront-ils pas ?

    Non, non, mon Dieu, si la céleste gloire
    Leur eût ravi tout souvenir humain,
    Tu nous aurais enlevé leur mémoire ;
    Nos pleurs sur eux couleraient-ils en vain  ?

    Ah ! dans ton sein que leur âme se noie !
    Mais garde-nous nos places dans leur cœur ;
    Eux qui jadis ont goûté notre joie,
    Pouvons-nous être heureux sans leur bonheur ?

    Etends sur eux la main de ta clémence,
    Ils ont péché ; mais le ciel est un don !
    Ils ont souffert ; c’est une autre innocence !
    Ils ont aimé ; c’est le sceau du pardon !

    Ils furent ce que nous sommes,
    Poussière, jouet du vent !
    Fragiles comme des hommes,
    Faibles comme le néant !
    Si leurs pieds souvent glissèrent,
    Si leurs lèvres transgressèrent
    Quelque lettre de ta loi,
    Ô Père ! ô juge suprême !
    Ah ! ne les vois pas eux-mêmes,
    Ne regarde en eux que toi !

    Si tu scrutes la poussière,
    Elle s’enfuit à ta voix !
    Si tu touches la lumière,
    Elle ternira tes doigts !
    Si ton oeil divin les sonde,
    Les colonnes de ce monde
    Et des cieux chancelleront :
    Si tu dis à l’innocence :
    Monte et plaide en ma présence !
    Tes vertus se voileront.

    Mais toi, Seigneur, tu possèdes
    Ta propre immortalité !
    Tout le bonheur que tu cèdes
    Accroît ta félicité !
    Tu dis au soleil d’éclore,
    Et le jour ruisselle encore !
    Tu dis au temps d’enfanter,
    Et l’éternité docile,
    Jetant les siècles par mille,
    Les répand sans les compter !

    Les mondes que tu répares
    Devant toi vont rajeunir,
    Et jamais tu ne sépares
    Le passé de l’avenir ;
    Tu vis ! et tu vis ! les âges,
    Inégaux pour tes ouvrages,
    Sont tous égaux sous ta main ;
    Et jamais ta voix ne nomme,
    Hélas ! ces trois mots de l’homme :
    Hier, aujourd’hui, demain !

    Ô Père de la nature,
    Source, abîme de tout bien,
    Rien à toi ne se mesure,
    Ah ! ne te mesure à rien !
    Mets, à divine clémence,
    Mets ton poids dans la balance,
    Si tu pèses le néant !
    Triomphe, à vertu suprême !
    En te contemplant toi-même,
    Triomphe en nous pardonnant !




  • trobador 30 avril 2012 16:16

    Jean-Pierre,


    C’est un poème de Alphonse de Lamartine mis en musique par Georges Brassens.




  • trobador 28 avril 2012 23:58

    Allez donc voir les résultats (sur google, voir lien ci-dessous) de la commune de Montagagne en Ariege, ça remonte le moral !




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