Autre chose... Hélas, j’en doute. Le problème ne réside pas, à mon sens, dans
les systèmes (monarchie, empire, dictature, oligarchie, démocratie...), ni même
dans les économies (communisme, capitalisme, étatisme...), mais bel et bien dans
l’être humain. Tout ce qu’il y a de pire et de plus dénonçable en l’être humain,
lui est intrinsèque, réside au plus profond de ses gènes... Avons-nous la
prétention de pouvoir modifier le génome de l’homo sapiens sapiens (nous) ? Non
bien sûr. Seuls les Américains, dans les années soixante s’étaient essayés à
rendre plus « pure » ce qu’ils considéraient être la « race américaine » en
castrant une certaine catégorie de la population (les pauvres). Donc, ayant
conscience de notre misérable condition, nous petits être humains perdus dans
l’univers, et sachant pertinemment que nous n’en sommes certainement pas au
stade ultime de notre évolution (puisque encore trop en proie à nos pulsions,
émotions et vices) ; nous devrions prendre conscience que, quoi qu’il en soit,
quoi que nous fassions, quel que soit le contexte et l’époque que soient les
nôtres, nous aurons toujours à faire à nos contemporains, qui eux, seront
toujours plus « tentés ». Même si nous, lecteurs et rédacteurs d’Agoravox, en
relisant a L’esprit des lois » de Montesquieu, nous pouvons nous dire que
finalement, les Grecs avaient raison en parlant de stoïcisme, et qu’il y aura
toujours des hommes et des femmes pour penser, et envisager la civilisation ;
nous ne devons pas pour autant tomber dans l’idéalisme ou la naïveté.
Qui est Onfray ? Et bien, c’est extrêmement simple : soit, c’est un philosophe
qui a entamé une analyse qu’il n’a pas supporté, et qui a décidé de se venger
dans un pamphlet ; soit, il n’a jamais fait d’analyse, et s’est permis d’écrire
un pamphlet sur un sujet dont il ignore tout de la pratique ; et là c’est plus
grave, car cela signifie qu’en parlant en méconnaissance de cause, il fait des
préjugés, et des procès d’intention. Pour un philosophe, c’est tout de même
suspicieux... Pour ma part, je pencherais plutôt pour la première hypothèse.
L’horreur... Le « rituel » veut que la bête ne soit pas étourdie avant d’être
abattue. Elle souffre tout ce qu’elle peut pendant de longues minutes, ce qui
a pour résultat une large diffusion des toxines et de l’adrénaline dans le sang,
donc dans les chairs, les muscles donc dans la future viande. Rien que pour ça,
je ne mangerai pas halal, cette viande est tout sauf
saine. http://www.lepost.fr/article/2009/08/28/1673251_un-abattoir-charal-vu-de-l-interieur.html
Donc, Monsieur, selon vous je serais un joyeux naïf ! Pensez-vous que
j’aurais posté un tel commentaire si c’eut été le cas ? Il eut été somme toute
chronophage d’énumérer la liste exhaustive de nos libertés individuelles qui se
font jour après jour rogner (que ce soit sur le Net ou dans la vie). Les gens
auxquels je fais référence ont parfaitement compris que les coups d’État au XXIe
siècle, dans les démocraties occidentales, ne se font plus avec l’armée
déboulant dans lieux phares du pouvoir ; mais bel et bien de l’intérieur,
insidieusement. Le politiquement correct est une gangrène qui s’immisce de
partout. Tenez, prenez par exemple « Le god’s club » de Gotlib paru dans son
album « Rhâââ lovely » Tome 2, et bien selon vous, l’aurait-il pu le paraître de
nos jours ? Non. Il se serait retrouvé avec une fatwa à la con sur la tête. De
la même façon, est-il encore possible de parler sereinement de la Shoah, sans
que l’on nous traite d’Islamophobe, de l’Islam sans que l’on soit taxé
d’Islamophobe, des Gays et lesbiennes sans que l’ont soit considéré homophobe...
? Non. Aujourd’hui, relater des faits revient à insulter !! Semer la confusion,
centraliser l’information et diviser, sont les trois mamelles du pouvoir actuel.
Donc, Monsieur, je vous concède volontiers que la censure (Cf. Stéphane GUILLON,
Didier PORTE) existe bien, et pire, que l’autocensure (Cf. Guignoles de l’info
ayant des auteurs handicapés mentaux et faisant des sketchs sans audace ni
témérité apparemment destinée aux enfants) fait également des ravages. Sachez
que dans la vie, rien n’est jamais acquis, et c’est tout aussi bon pour nos
libertés que pour nos relations amoureuses. Si d’aventure vous songiez encore
que je souffre de naïveté, et que je croirais encore au village des Bisounours,
à la fée clochette et au père Noël, et bien reportez-vous donc aux commentaires
que j’ai postés sur les autres articles ; et nous en reparlerons. Enfin, pour ce
que vous dites à propos de la modération, à mon sens elle est nécessaire, voire
salutaire. Si d’une part évoquer les thèmes sus-cités peut provoquer une
déferlante d’accusations de la part de certains ; d’autre part, cela suscite
également à chaque fois un torrent de haine dans les réactions de certains. Que
l’on modère des propos nauséabonds ne me paraît pas choquant.
En 1789, le peuple et les bourgeois français faisaient la révolution. La
Déclaration des droits de l’homme et du citoyen marquait alors (pour faire
court), un espoir sans précédent. Dès lors, et même si ces idées devaient
faire leur cheminement sinueux (l’esclavage n’aura été aboli en France qu’en
1848), pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, l’être humain
n’était plus considéré ni comme un objet, ni comme un animal. Pour
l’aristocratie, il s’agissait (et s’agit toujours), sans doute, d’une "anomalie
de l’histoire. Le peuple devant être au service de ses maîtres, il n’est pas
autorisé à penser, circuler librement, s’exprimer, voter... Gageons donc
que cette même aristocratie n’aura jamais digéré ni accepté cette déclaration,
ainsi que le principe de démocratie. Mais le mal était fait, les idées issues
des travaux des bourgeois du Siècle des lumières avaient fait leur chemin, et
avaient été insufflées dans les esprits.
En 1945, commencent les 30 glorieuses. L’économie de guerre laisse place à
l’économie de marché. C’est le début de la société de consommation. L’objectif,
créer des besoins dits “tertiaires” pour refourguer un maximum de produit de
consommation au petit peuple (émergence de la classe moyenne). Le but, celui qui
a toujours été le même de la part de la classe dirigeante : régner ! Il
s’agissait de persuader le commun du mortel que sa névrose n’avait d’autre
source que le manque de possession d’une voiture, de fringues dernier cri, de
magnétoscope, de variété sur vynil, de chaîne Hi-Fi, de caméscope, de téléviseur
16/9 (dès le début des années 90, alors que le format 16/9 en émission ne
commencera qu’à peine en 2006), de téléphones portables, d’ordinateurs... Tous
ces produits censés soigner nos malheurs, nos dépressions, nos tristesses, nos
névroses ; étaient également censés nous faire oublier toute velléité. Et ça
marchait bien. Super bien même. On vendait des chewing-gums qui lave les dents,
des Xantia diésel, du TF1... Le bonheur pour l’aristocratie qui avait (un peu)
retrouvé de ce qu’il avait perdu en 1789.
Puis, vint la fin des années 90, avec une erreur fatale de la part de ceux
qui pensaient nous refourguer une merde de plus, qu’ils auraient voulu briller
par son caractère débilitant. Ils pensaient nous refiler une connerie de plus du
style des forfaits GSM (faut dire que pour appeler sa meilleure amie qu’habite à
500 mètres et lui raconter qu’on est en train de marcher dans la rue, c’est
pratique). Une daube de plus qui avait l’avantage d’avoir été la possession de
l’armée, et qui permettait, comme la télé, de contrôler les espaces disponibles
du cerveau, et comme les forfaits GSM, de contrôler les échanges entre les
fortes têtes et autres récalcitrants au système. Cette chose, qu’ils voulaient
être un produit de consommation de plus, c’était Internet ! Malheureusement pour
eux, tout ne s’est pas déroulé comme prévu. Ce qu’ils souhaitaient être un
Minitel géant, se transforma en une plateforme gigantesque d’échange entre les
cultures, de partage des compétences (le boucher pouvait apprendre comment
changer une sphère d’amortisseur de sa Xantia diésel grâce aux conseils d’un
mécanicien passionné ; le technicien en CAO / DAO pouvait apprendre comment
nommer et traiter les pustules qui surgissaient ses parties intimes grâce aux
conseils éclairés d’un étudiant en médecine ; la grand-mère à la retraite
pouvait échanger ses conseils de cuisine traditionnelle avec la femme
active...), bref, l’on assistait à une mutualisation des compétences. Premier
point noir pour l’aristocratie contemporaine, son bétail allait se passer de son
outils, la société de consommation. Le deuxième point noir, était qu’ayant mis
entre les mains du petit peuple l’outil du numérique, celui-ci allait s’en
servir en tant que tel : en répliquant à l’infini. He oui, le petit peuple était
attiré par l’un des apanages de la classe supérieure, l’accès à la culture !
Ceci constituait un double danger : le petit peuple aurait moins consommé les
merdes de variétés ou de rap qu’on lui refourguait, mais pire encore, il se
cultivait et s’instruisait en téléchargeant illégalement l’Encyclopaedia
Universalis, l’intégral de Montesquieu, de La Bruyère et de La Fontaine, ou les
plus beaux films de Felini, et en échangeant non plus des conseils pratiques,
mais des idées (comme sur Agora Vox).
Ce fût littéralement intolérable, ainsi, l’aristocratie demanda à ses petits
pions habilement placés de-ci de-là, de faire “voter” des lois pour reprendre
les choses en main. Le fantasme de tous les dictateurs de l’Histoire était,
entre autres, d’avoir un “oeil” et une “oreille” dans chacun des foyers de la
nation qu’il martyrisait. Qu’à cela ne tienne, se dirent les petits pions, nous
ne sommes pas des dictateurs, mais nous allons réaliser l’un de leurs
fantasmes.
Naquirent des projets de loi et lois aussi grotesque qu’en inadéquation
totale avec le secteur qu’elles étaient censées protéger. Ces initiatives
portaient tantôt le nom de “DADVSI”, tantôt de “LOPSI« , tantôt d’ »Internet et
création" . Leur raison d’être ? Éradiquer ce qu’ils considèrent, à n’en point
douter, comme un odieux affront à leur rang, comme une erreur de parcours dans
l’Histoire des Hommes. En parallèle à ces initiatives, d’ailleurs menées par des
hommes de pailles littéralement ignares en matière de nouvelle technologie (Renaud Donnedieu
de Vabres, Christine Albanel, Frédéric
Mitterrand), les lobbyistes feront des sorties régulières pour fustiger
Internet (Séguéla ira jusqu’à dire que "le Net est la plus grande saloperie
jamais inventée par les hommes", donc je suppose que les camps de concentration,
les génocides, le Napalme, et l’Aspartame, ça vient après pour ces gens-là) ; et
l’on assistera à diverses tentatives, dont certaines extrêmement
fructueuse, visant à convertir le Net en un Minitel géant. Twiter et surtout
Facebook (Facebook, ou l’histoire des citoyens qui font le boulot des
renseignements à leur place), en est la preuve.