Un citoyen, tout simplement....
" Un homme ne se mêlant pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile." [Thucydide]
Mes deux premières lignes de critique s’adressaient évidemment à Rocou, si ce n’était pas clair... Sur le fond je vous approuve sur de nombreux points pour ce qui est des constats.
Comme « page 2007 », je ne crois pas à l’objectivité qui naîtrait peu à peu et spontanément de la confrontation des points de vue et des opinions..c’est un leurre.
Je vois dans Avox les mêmes limites que lui, certains articles, même intéressants, sérieux et informés autant qu’il est possible, donne lieu souvent à un empilement de réactions irréfléchies où beaucoup ,l’anonymat aidant, donnent dans les réactions d’humeur,les imprécations, quand ce n’est pas les injures... Certains n’ont de but que de cultiver leur ego ou de vaincre sans convaincre.
Il y a heureusement de belles exceptions : je pense à un récent débat sur le système bancaire qui a donné lieu à des échanges informés, courtois et bien contrôlés par l’auteur.
On se dit parfois que Avox, s’il n’est pas un journal, pourrait avoir un rôle éducateur à la citoyenneté,mais je ne vois pas comment on peut y tendre si chacun ne se donne pas des règles. Eternel problème !...
Pour faire son miel, il faut vraiment du temps (j’en ai),de la patience,de la modestie, certaines exigences culturelles préalables permettant de comprendre et d’analyser un texte,une distance critique bien aiguisée et une bonne maîtrise de ses nerfs parfois ...J’avoue avoir parfois craqué devant certaines sottises ou mauvaise foi évidentes et avoir alimenté des polémiques stériles.
Le chantier est immense, mais malgré tous ces défauts,on pourrait dire de la planète Avox :« Et pourtant elle tourne... »
Excellente initiative de lancer un débat sur ce sujet
Il faudra y revenir souvent, car il y a un réel problème que je n’arrive pas toujours à analyser correctement, tant il est complexe...comme la vie.
C’est vrai que moi aussi , intervenant récent, j’ai souvent été tenté de rendre ma plume, déçu, parfois écoeuré par certains articles proches du copié/collé, sans véritable analyse ou originalité ou nettement partisan ou par des commentaires injurieux, hors-sujet ou d’une pauvreté informative renversante..
Pourtant, je continue (la retraite donne des loisirs), car j’ai trouvé aussi sur Avox, des informations que je n’aurais pas trouvées ailleurs, des points de vue passionnants, des ouvertures inédites,parfois des perles et même des complicités virtuelles (des personnes que j’aimerais rencontrer grâce à une convergence répétée de points de vue)
Voilà toute l’ambiguïté de Avox, qui suscite en moi parfois l’attraction un peu fiévreuse, souvent la colère et l’envie de « cultiver mon jardin », car cela prend du temps de lire, rédiger, proposer...et c’est trés frustrant d’être confronté à des interventions « sauvages »
Combien de temps vais-je « tenir » encore ? Je ne sais pas ...
Mais, connaissant ma curiosité native, il est fort probable que ce ne sera pas demain...
Judicieux rappel, Frédéric, propre à éclairer nos lanternes sur la face cachée de la politique du gang pétrolier de la Maison Blanche...
En ce qui concerne le Liban, je viens de lire un excellent article de Charles Enderlin,franco-israêlien, dans le Monde du 17 aout.Enderlin est meilleur dans ses écrits qu’aux infos sur A2.. ;je me permets de vous en livrer une partie,la fin :
"Depuis le début de l’année 2000, Israël mène une politique fondée sur le principe qu’il n’a pas de partenaire pour la paix et que sa puissance militaire lui permet d’imposer ses décisions à des adversaires faibles. Le retrait du Liban, le 25 mai 2000, est le premier exemple de cette politique d’unilatéralisme. Après l’échec des négociations avec Hafez Al-Assad deux mois plus tôt, le premier ministre Ehoud Barak décide de tenir sa promesse électorale : il évacue la zone de sécurité qu’Israël maintenait au Liban sud depuis dix-huit ans.
Cela sans accord ni avec le gouvernement de Beyrouth ni avec la Syrie, le tuteur du Hezbollah. Pour le général Ouri Saguy, qui avait mené les pourparlers secrets avec les Syriens, un traité de paix avec Damas était possible et le retrait unilatéral du Liban était une erreur.
Quelques mois plus tard, après l’échec du processus d’Oslo, Ehoud Barak proclame qu’Arafat n’est pas un partenaire pour la paix. Son successeur à la présidence du conseil, Ariel Sharon, considérant que le leader palestinien était responsable de l’Intifada, l’assigne à résidence dans son QG de Ramallah et tente de le couper du reste du monde. L’accusation était fausse. Aujourd’hui Avi Dichter, le patron, à l’époque, du Shin Beth, l’admet, lors d’un entretien filmé de Dan Setton (4 mai 2006), « Contrairement à ce qui se disait, Arafat n’a pas créé l’Intifada et n’en contrôlait pas l’inte nsité. »
Cette politique a débouché sur le retrait unilatéral de Gaza en 2005, sans négociations avec la direction palestinienne, et avec en parallèle la construction du mur de séparation en Cisjordanie perçu par les Palestiniens et le monde arabe comme le tracé de la future frontière. A aucun moment, Israël n’a répondu aux appels du très modéré Mahmoud Abbas pour une reprise des négociations sur le statut final des territoires palestiniens.
Toute cette politique était appuyée par une nouvelle doctrine militaire sur le conflit à basse intensité. Un « think tank » de généraux de réserve installé dans l’école de formation des officiers supérieurs a mis au point des concepts stratégiques qui ont fini par transformer la réalité du conflit. Le plus important consistait à « graver dans la consci ence » des Palestiniens qu’ils n’obtiendront rien par la violence. Pour cela la pression sur la population devait être maximum, avec des couvre-feux, des bouclages et un blocus économique.
L’autre élément de cette doctrine reposait sur la notion de « levier ». Il fallait, selon le général Gal Hirsh, un des auteurs de ces théories , « exercer une pression continue et permanente sur l’Autorité palestinienne pour la forcer à lutter contre le terrorisme. (...)Les opérations de Tsahal avaient pour but de démontrer à l’Autorité palestinienne qu’elle payait le prix de son soutien au terrorisme (...) » ( Ha Imout Ha Mougbal (Le conflit limité) Ed. Ministère de la défense. 2004, Tel-Aviv, p. 242.)
Des responsables militaires et des analystes du renseignement parviendront - plus tard - à la conclusion que cette stratégie n’a pas eu les résultats escomptés. Après plus de cinq années de répression de l’Intifada, les modérés palestiniens sont marginalisés, et c’est le Hamas qui contrôle l’Autorité palestinienne.
Au Liban, Israël a tenté d’appliquer les mêmes principes : pression sur la population par des frappes sur les axes de circulation, appels à l’évacuation des quartiers chiites et bombardements d’infrastructures afin d’appliquer un « levier » sur le gouvernement libanais. Là aussi le bilan est négatif. Israël a dû accepter un accord de cessation des hostilités très éloigné de ses objectifs lors du déclenchement des opérations. Pas de libération immédiate des soldats capturés par le Hezbollah, pas de contrôle de la frontière syro-libanaise pour empêcher le réarmement de la milice chiite, qui conserve sa capacité offensive. Les rampes de lancement de missiles sont pour la plupart intactes et menaçantes. L’alternative à une telle stratégie politico-militaire se trouve dans les propositions d’hommes comme le général Ouri Saguy et les promoteurs de l’initiative de Genève avec les Palestiniens : des négociations directes avec la Syrie et le gouvernement libanais pour une paix en bonne et due forme même au prix d’un retrait du plateau du Golan. Un accord avec le président Mahmoud Abbas sur la base du principe « les territoires contre la paix ». Faute de quoi, l’islam radical ne pourra que progresser dans la région.
Merci pour ton lien qui donne à réfléchir...quelque chose que je soupçonnais, mais sans avoir de documents précis. L’article de JP Cloutier est instructif. Voila qui va pouvoir pondérer bien des jugements hâtifs sur les tragiques événements irakiens.
Bien à toi.