Un citoyen, tout simplement....
" Un homme ne se mêlant pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile." [Thucydide]
Le point de vue de la sénatrice centriste Nathalie Goulet apporte un décryptage intéressant (Mediapart) :
Gaza : une opération bien orchestrée… Une de plus… Si nous avons un
peu la mémoire de l’histoire tragique de cette région
du Proche-Orient, si prompte à s’enflammer, domaine de prédilection des
occasions manquées, alors la guerre qui se déroule sous nos yeux prend
un autre relief.
On se souvient d’Ariel Sharon sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem provoquant, à dessein, la deuxième intifada.
Plus récemment, nous avons pu assister à des
offensives répétées de Netanyahu, une fois calino-thérapies, une fois
menaçantes, pour tenter de s’opposer à la normalisation des relations
avec l’Iran.
Les démarches pathétiques et sans succès de l’AIPAC (puissant lobby juif américain) allant bien entendu dans le même sens.
Rassurez-vous, loin de moi l’idée de remonter les péripéties de 66 ans de conflits…
Aujourd’hui nous sommes sans mots pour dénoncer l’assassinat odieux
de 3 jeunes israéliens et la mort dans des conditions d’une barbarie
inouïe de ce jeune palestinien brûlé vif.
L’escalade du conflit à Gaza et la disproportion coutumière des
moyens employés doivent être à mon avis replacés dans un contexte plus
général et un calendrier très à jour.
Dans quelques jours devrait être ratifié, à Vienne, l’accord sur le
nucléaire iranien qui devrait voir le retour progressif de l’Iran dans
le concert des nations.
Cette guerre n’arrive pas par hasard, pas plus que l’offensive
massive concomitante du Sénat américain contre toute normalisation avec
l’Iran. (1)
A un moment ou à un autre les forces israéliennes trouveront dans
Gaza en ruine ou dans le sud du pays une roquette d’origine iranienne…
Qui pourra dire qu’il s’agit d’une info ou d’une intox après le bel
exemple des armes de destructions massives imaginaires en Irak…
Ce trophée permettra d’impliquer l’Iran et de lui faire porter la
responsabilité des troubles dans la région, confondant au passage les
effets et les causes…
Personne ne pourra me faire croire que dans cet Orient compliqué où
chacun joue un poker menteur expérimenté, cette guerre à Gaza n’est pas
liée aux négociations avec l’Iran qui doivent s’achever le 20
juillet. Netanyahu joue une cartouche de plus.
Le sang ne semble avoir pour lui aucune valeur dans sa stratégie de haine pathologique envers l’Iran.
Il sait que le retour de l’Iran et la normalisation de ses relations
avec les USA porteraient un coup fatal à sa politique hégémonique.
Sans l’ennemi désigné, j’allais écrire, sans l’ennemi
idéal qu’était l’Iran d’Ahmadinejad, que fera Netanyahu sinon s’attacher
à la résolution du conflit avec la Palestine.
A cela il n’est pas prêt.
Israël qui possède la bombe atomique sans avoir adhéré au TNP, qui
viole depuis des années toutes les résolutions de l’ONU, qui mène dans
les territoires occupés des opérations de punition collective totalement
illégales et disproportionnées et une politique de violation des droits
de l’homme dénoncée par des organisations israéliennes et
internationales, Israël par sa politique irresponsable menace les USA.
Se faisant Israël fait le jeu de l’Arabie Saoudite… Ennemie jurée de l’Iran. Qui l’eut crû ?
Israël doit vivre en sécurité dans des frontières sûres et reconnues. Oui c’est un postulat de départ intangible.
Les palestiniens doivent avoir leur État.
La France semble s’être rangée du côté d’Israël, une fois de plus, comme je l’écrivais en novembre 2013 (2).
Je ne suis pas certaine que nous soyons, ce faisant, du bon côté de l’histoire.
J’ai peur que nos enfants et nos petits-enfants assistent encore
longtemps à cette guerre fratricide en terre Sainte où le Dieu des 3
religions monothéistes est sensé demeurer.
Je crois que Dieu est en RTT ou que, comme beaucoup d’entre nous, il a renoncé à tenter de juguler la folie des hommes.
A lire ce commentaire consternant... et manichéen au possible, on se rend compte que son auteur n’a rien lu de l’article, dans lequel, si on suit les liens, la parole est donnée à certains Israëliens très critiques par rapport à la politique de Bibi.
Le capitalisme financier est sans pitié.. Il est mortifère pour tout le monde, plus encore pour les exclus Il arrive que les requins se battent entre eux et que des banquiers se jettent par la fenêtre On a des exemples récents
Pour sortir de la mythologie ordinaire et des catéchismes manichéens.. Et si les choses étaient un peu moins simplistes ? L’instrumentalisation de « l’ennemi » est parfois commode.. C’est du classique.
".......Les opérations « Plomb durci » (2008-2009) et « Piliers de Défense »
(novembre 2012) reflétaient déjà une convergence d’intérêts entre
Israël et le Hamas.
En 2009, l’agression s’était déroulée dans un contexte
d’élections législatives en Israël qui avait généré, de la part du
Premier ministre Ehud Olmert, une surenchère à l’endroit du Hamas. Le
Mouvement de la Résistance Islamique avait lui aussi eu « besoin » de
cette guerre pour discréditer l’Autorité de Ramallah, prête à signer un
accord avec Ehud Olmert, prévu lors du sommet d’Annapolis en novembre
2007. L’intensité des frappes avait permis au Hamas de dénoncer la
« collusion » du Président Mahmoud Abbas avec l’ « ennemi sioniste ».
L’agression israélienne déclenchée le 14 novembre 2012 avec
l’assassinat de l’un des chefs de la branche armée du Hamas, Ahmad
al-Jaabari, qui pourtant était celui qui tentait de maintenir l’accalmie
entre les deux protagonistes, s’explique également par une coïncidence
d’intérêts entre les dirigeants israéliens et les membres de la
Résistance Islamique. Cette opération, encore une fois menée dans un
contexte d’élections en Israël, avait pour objectif d’affaiblir le
Président palestinien, sur le point d’obtenir la reconnaissance par les
Nations Unies de l’État de Palestine comme État non-membre, démarche qui
embarrassait à la fois les Israéliens et le Hamas, désireux de
minimiser le prestige potentiel que Mahmoud Abbas pourrait en tirer.
L’autorisation accordée par Israël à Khaled Mechaal de se rendre à Gaza
pour y célébrer sa « victoire » est l’illustration flagrante de cette
connivence.
Israël n’a jamais cherché à détruire le Hamas mais lui a bien au
contraire octroyé des faveurs limitées, le laissant se réarmer
suffisamment pour orchestrer, au moment propice, la montée en puissance
d’une frayeur collective. Dès 2008, la trêve conclue entre Israël et le
Hamas avait permis aux brigades al-Qassam d’augmenter leur capacité
militaire, faisant entrer à Gaza des armes et des roquettes iraniennes
Fajr 5 via les tunnels, trafic qui n’a pu échapper à la vigilance des
autorités israéliennes.
L’actuelle agression contre la bande de Gaza s’inscrit une nouvelle
fois dans un contexte particulier où l’agenda israélien peut
paradoxalement rejoindre celui du Hamas. Elle intervient suite à la
toute récente réconciliation entre le Fatah et le Hamas et la formation
d’un nouveau gouvernement reconnu pour la première fois par les
États-Unis et l’Union européenne. L’approbation du nouveau cabinet a
provoqué la fureur des Israéliens, qui ont empêché les ministres
résidant à Gaza de se rendre à Ramallah pour y prêter serment. L’Etat
hébreu avait également refusé le retour des forces de sécurité de
l’Autorité de Ramallah à la frontière entre Gaza et l’Égypte en dépit de
l’effort du Président égyptien pour obtenir cette concession de la part
du Hamas. Après la punition collective infligée aux Palestiniens de
Cisjordanie, Israël attaque la bande de Gaza pour enterrer tout espoir
de rapprochement entre les deux factions rivales, le Hamas et le Fatah.
Au-delà des discours affichés, il serait pertinent de
s’interroger une nouvelle fois sur la bienveillance conjoncturelle
accordée au Hamas. Comment expliquer que les brigades al-Qassam aient pu
mener, le 8 juillet dernier, une opération contre une base israélienne à
Ashkelon à partir de la mer, là où le blocus rend en théorie impossible
tout mouvement le long des côtes, comme en témoignent les fréquents
tirs de sommation contre les bateaux de pêcheurs qui se risquent à
lancer leurs filets quelques mètres trop loin ?
Chef d’orchestre d’une partition bien maitrisée, Israël joue
néanmoins un jeu dangereux en poussant de nouveau les Palestiniens à
l’affrontement..."