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Zéro pour cent de matière grise

Universitaire passionné par les questions internationales, en particulier par tout ce qui se déroule aujourd’hui sur le continent eurasiatique (Europe, Russie, Chine, Transcaucasie, Asie centrale). Convaincu que le confort de la démocratie a endormi les hommes, qui doivent se réveiller, observer le vaste monde, le penser par eux-mêmes, retrouver leur vigilance pour critiquer sans relâche ceux qui gouvernent, possèdent et monopolisent la parole. [email protected]

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  • Premier article le 03/10/2006
  • Modérateur depuis le 10/10/2006
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Derniers commentaires



  • Zéro pour cent de matière grise 18 octobre 2006 12:47

    Si on clique sur ce lien auquel vous nous renvoyez, on a immédiatement la preuve de l’impérative nécessité d’un retour aux classiques ! Quand on lit de telles idioties, on se dit qu’il est urgentissime de revenir à notre matrice grecque, comme l’a dit Benoît XVI dans sa magistrale leçon de Ratisbonne, totalement incomprise et défigurée par l’ignorance, le simplisme et la bêtise profonde des « penseurs » de tribune qui étouffent nos cervelles !

    Le texte que vous citez est un tissu de raccourcis. Il illustre les ravages de la confusion moderne entre philosophie et idéologie. Il est bon de rappeler que toutes les idées ne sont pas des idéologies, que toutes les prises de position dans une discussion philosophique ne sont pas des prises de position politiques !



  • Zéro pour cent de matière grise 18 octobre 2006 12:34

    Merci pour cet excellent petit billet philosophique stimulant du matin !

    Tout cela aurait sa place dans un livre. Peut-être lisons-nous quelques extraits du futur livre ?

    Il est impératif de revenir à la philosophie dite classique, c’est-à-dire, si l’on suit Strauss, à la philosophe tout court.

    Sur l’« inactualité » des classiques « dépassés » par l’« actualité » des techniques de la modernité. Habermas, dans « La technique et la science comme idéologies », a une réflexion inaboutie, mais assez profonde là-dessus. Pour ma part, je ne trouve pas ce terme d’« inactualité » pertinent. Il s’agit plutôt d’un décalage dans la formulation des questions plutôt que d’une « inactualité » des questions posées par les « classiques », au sens où elles ne se poseraient plus à l’ère moderne. Non ?

    Prenons par exemple certaines considérations d’Aristote sur la politique, sur les différents types de « constitutions », par exemple. Sur l’oligarchie, la démocratie, l’ochlocratie, etc. Décalé, mais en rien inactuel. Et une pensée dont la méditation est fructueuse pour notre temps.

    Ce qui a changé avec la modernité, c’est l’assignation à la philosophie, et en particulier à la philosophie scolaire et universitaire, d’une fonction sociale. Comme l’évoque Strauss dans l’ouvrage que vous citez, la lecture de Platon montre que la philosophie à l’âge classique était, si l’on peut dire, un art de vivre. On était philosophe comme on était artiste, on philosophait pour philosopher. L’initiation philosophique, plutôt que l’enseignement de la philosophie, terme d’aujourd’hui, ne passait pas par l’assimilation de concepts et la lecture de textes, mais par la discussion libre, l’argumentation et la rhétorique.

    Rien n’est plus horripilant, à mon avis, que de lire ça et là que l’enseignement de la philosophie doit servir à « former des citoyens » et autres balivernes. L’initiation philosophique n’a pas d’autre but que de partager ensuite le plaisir d’une libre discussion argumentée avec un autre initié. Un sage, pas un savant. Un homme libre, pas un citoyen. Avec une femme libre, aussi, ça va de soi... : les « classiques » ont sur ce point leurs limites !... smiley



  • Zéro pour cent de matière grise 17 octobre 2006 23:41

    Belle observation. Quelle tristesse, toutes ces clowneries avec des sujets sérieux...



  • Zéro pour cent de matière grise 16 octobre 2006 12:59

    @l’auteur :

    Je partage entièrement votre analyse. Cette loi, comme les lois Gayssot et Taubira, illustre le progrès de l’obscurantisme en France. Cet obscurantisme, qui avance à grands pas, est propagé dans tous les domaines par une élite politique et intellectuelle qui a perdu toute éthique, tout sens de la mesure, toute culture historique et même toute capacité de réflexion.

    D’autre part, il me semble que le débat ne peut exister qu’entre partisans et adversaires des lois mémorielles, prises sans exception. Ceux qui font une distinction entre la loi qui protège la qualification juridique de la Shoah et les autres -la première serait légitime mais pas les autres- font preuve de malhonnêteté intellectuelle.



  • Zéro pour cent de matière grise 15 octobre 2006 11:40

    On observe qu’aucune des biographies publiées sur les grands sites d’information politique ne mentionne le lieu de naissance de Politkovskaïa. Seulement la date : 1958. Les principales biographies commencent toutes en 1980, date à laquelle A. P. a obtenu son diplôme de la faculté de journalisme de l’Université d’Etat de Moscou.

    En fouillant, on trouve mention de sa naissance à New York et de ses origines sociales privilégiées (nomenklatura diplomatique) dans plusieurs sources, et notamment sur le site www.grani.ru, proche des libéraux et démocrates.

    Pourquoi cette omission alors que les biographies comportent généralement le lieu de naissance et les origines familiales ? Je n’ai pas de réponse à cette question.

    Anna Mazepa (nom de jeune fille) est née à New York en 1958. Elle est la fille de diplomates soviétiques alors en poste à New York (ONU ? Consulat d’URSS ?). Ses parents seraient d’origine ukrainienne. Née sur le territoire américain, elle bénéficie du droit à la citoyenneté américaine, un droit qu’elle a fait jouer au début des années 1990. A. P. avait donc la double nationalité, russe et américaine.

    A. P. s’est séparée (divorce ?) de Sacha Politkovski, un journaliste assez célèbre de la télévision, vers 1999.

    Après son diplôme obtenu en 1980, A. P. devient brièvement journaliste pour la revue de l’Aeroflot, faisant visiblement jouer ses relations familiales. En 1982, elle entre aux « Izvestia », où elle reste jusqu’en 1993. Ensuite, elle fait partie de l’équipe qui suit l’ancien rédacteur en chef des « Izvestia » pour fonder « Obchtchaïa Gazeta », un excellent hebdo libéral destiné à un public cultivé. Avec la fermeture de cet hebdo, en 2000, elle rejoint la « Novaïa Gazeta », dont l’ambition était de succéder à « Obchtchaïa gazeta », mais qui n’a jamais vraiment réussi à se hisser à sa hauteur.

    Ses reportages en Tchétchénie et, plus généralement, sur le front de la politique antiterroriste menée par le Kremlin et celui des prises d’otages, notamment celle du « Nord-Ost », lui ont valu de nombreux prix et récompenses, dans les pays occidentaux (Prix du journalisme d’Amnesty International, parmi tant d’autres), mais aussi en Russie : « Plume d’Or » de Russie en 2000, Prix de l’Union des journalistes de Russie, prix du journalisme anti-corruption, « Gong d’Or » 2000...

    Son enquête la plus passionnante et l mieux documentée est incontestablement « Voyage au bout de l’enfer », publié en français en 2000. Ce livre traite des débuts de la seconde guerre de Tchétchénie (qui commence à l’automne 1999). Ce qui suit associe reportage et analyse, un genre dans lequel A. P. était ntemment moins percutante que dans celui de l’investigation pure.

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