Cher Monsieur Lhomme,
Je vous remercie de confirmer - ô combien maladroitement ! - ce que j’affirme implicitement. À savoir que, si la puissance électrique mondiale fournie par le charbon était remplacée par une puissance nucléaire, nous économiserions d’innombrables vies humaines. Pour s’en convaincre, il suffit de considérer les chiffres suivants : pour produire 10 TW.h électriques, il suffit des 9/10 d’une charge combustible (uranium) d’un réacteur N4... ou brûler 3,5 millions de tonnes de charbon ! Au passage, merci pour la planète...
Quant à votre affirmation, comme toujours gratuite, selon laquelle on mourrait autant, sinon plus, dans les mines d’uranium que dans celles de charbon, je vous mets au défi, devant nos lecteurs, de prouver ce que vous avancez : en la matière, les statistiques australiennes, canadiennes, nigérianes et même algériennes sont largement accessibles... allez-y, ne vous gênez pas...
Par ailleurs, vous me fournissez enfin l’occasion de fustiger, comme il se doit, le raisonnement puéril consistant à dire que, du moment que le nucléaire ne représente que 6,8 % de l’énergie consommée dans le monde (17 % de l’électricité) - et non les 2 % que vous aimez lancer à la cantonnade -, ce nucléaire n’a pas d’avenir. C’est exactement le raisonnement que tenaient tous les cochets de France et de Navarre dans la 2ème moitié du 19ème siècle, pendant laquelle le train a éprouvé le plus grand mal à s’imposer. On connait la suite : le TGV - électrique ! - vient de dépasser les 570 km/h... Affligeant ! De toute façon, voulez-vous, une fois de plus, que nous prenions les paris sur l’avenir de l’électronucléaire, devant les lecteurs d’Agoravox ? Inutile de se donner RV dans 10 ans : je prends le pari que la Suisse et l’Allemagne vont renouer, au moins partiellement, avec le nucléaire dans les toutes prochaines années. De plus, il va sûrement vous être très désagréable de voir le maghreb, l’Egypte, le Canada, les Etats-Unis, le Brésil et même la Namibie les devancer... et je ne vous parle pas de la Chine et de l’Inde.
Claude Mandil n’a sûrement pas dit que, pour renouveler le parc mondial de centrales nucléaires, il comptait sur les éoliennes. Car, à raison de 4000 à 5000 éoliennes (de 180 mètres de haut) équivalent EPR, je laisse deviner à nos lecteurs l’aspect des paysages du futur que vous voulez nous réserver !
Une liste des conditions à remplir par le nucléaire français pour être acceptable ? Mais qu’avez-vous à lui reprocher, depuis 40 ans, dans notre pays ? Pas le moindre blessé, pas la moindre pollution, une production de richesse nationale incomparable : vous ne manquez pas de culot.
Pour le reste, les commentaires sont inutiles... Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose. Vous ne laisserez pas une trace bien glorieuse dans l’Histoire de notre pays. André PELLEN.