@Sébastien Gilliot
Reprenons.
Vous dîtes :
Alors bien sur, on ne sait pas vraiment d’ou provient ce taux incroyable de cancer, et rien ne prouve que ce soit du principalement à l’atome.
Les causes sont probablement multiples (contamination chimique, mode de vie, alimentation, etc).
Mais dans le doute, on se pose des questions, et il faut s’attaquer à chacune des causes possibles.
Il est certain que le mode de vie y est pour quelque chose, et notamment l’amélioration de la médecine.
Autrefois on mourait de tuberculose à 20 ans ce qui évitait d’avoir un cancer plus tard. On mourait aussi d’appendicite (ça s’appelait le "miséré"), la moindre pneumonie était fatale sans antibiotique, la variole, etc.. Plus on arrive à maîtriser certaines maladies plus l’importance des autres maladies non résolues augmente dans les pourcentages. Les accidents cardiaques augmentent aussi pour les mêmes raisons.
Personnellement entre une appendicite, une pneumonie sévère et un abcès devant conduire à septicémie j’aurais déjà du mourir trois fois au moins.
Vous dîtes :
Le prix de vente n’est pas fixé par le consommateur, ca se saurait.
La hausse du prix du courant amènerait des modifications de comportements et de consommation, et ce serait une bonne chose. (cf la baisse de consommation d’essence du à son renchérissement, qui est à mon avis un point positif pour l’environnement)
De plus, le bas prix du KWH en France freine considérablement l’investissement sur le marché porteur de l’energie renouvelable.
L’Allemagne, qui est un pays intelligent, profite de son marché (relativement plus cher) pour développer un secteur ’energie nouvelle’ qui lui profitera pour des décennies.
Le prix de vente se fixe par le "marché", c’est à dire l’offre, la demande et le prix, tout ces éléments sont à prendre en compte.
Si l’on veut baisser sa consommation la solution est simple, on demande à EDF de réduire la puissance du compteur électrique à minima, ce qui doit être 3ampères (le réglage pour personnes ne payant pas) à ce moment on peut s’apercevoir que si l’on utilise un fer à repasser il faut couper la télé sinon ça saute. Mais parmi les écolos qui disent vouloir réduire leur consommation qui fait cela ? Il y aurait une "vague" de telles demandes que cela se saurait rapidement. mais jusqu’à présent : rien...des paroles.
De fait l’éolien, le photovoltaïque, l’hydraulique ne produisent que de l’électricité et n’améliorent pas la réduction de la production de GES, donc dans cette optique ils sont inutiles par rapport au nucléaire.
En Allemagne le "marché porteur" comme vous dîtes , complètement subventionné (et par définition un marché porteur n’est pas subventionné) de l’éolien est compréhensible car ils consomment très fortement du charbon et du lignite producteur de GES pour faire du courant électrique. Les Allemands et les Danois, ces "bons élèves" de l’écologie sont tout de même les plus gros producteurs de GES par tête d’habitant (deux fois plus qu’un Français). C’est un petit détail qu’il ne faudrait pas oublier. Il faut définir ce que l’on veut, du GES ou pas de GES.
D’autant que toutes les économies de production de GES que l’on peut faire chez nous sont des gouttes d’eau en comparaison du fait que les Chinois et les Indiens démarrent une nouvelle centrale au charbon chaque semaine en moyenne.
Vous dîtes :
Le nucléaire est une énergie qui garantit notre indépendance.
Vous citez le Canada et l’Australie. Evidemment ces 2 là sont des ’gentils’ pays.
Cela dit, je crois savoir que l’exploitation minière en australie génère de tres gros problemes environnementaux, et que la-bas la pollution due a l’extraction des matieres fissiles est très importante.
Par contre vous ne citez pas le Niger, qui est tout sauf un pays très "clean". Que dire du Kazakhstan, de la Namibie, de l’Ouzbekistan ou de la Russie ? Des modèles de démocratie et de respect de l’environnement ?
Je ne considère pas les USA comme un modèle non plus, surtout en terme d’écologie.
Les normes d’extraction du minerai sont les mêmes partout dans le monde que ce soit au Canada ou en Namibie. ce qui change ce sont les règles locales de ré-enfouissement des stériles. Je m’explique.
On extrait le minerai, on le broie, on retire l’uranium, mais on laisse les descendants de l’uranium c’est à dire le radium qui conduit au radon. Comme on a broyé le terrain la production de radon devient plus importante et du fait de normes locales qui peuvent être très basse, d’un seul coup et de façon hallucinante les stériles deviennent un déchet radioactif que l’on ne peut plus remettre dans les trous creusés car ce serait enterrer de façon non surveillée des déchets nucléaires.Il faut voir à quelle débilité le fait d’adopter ici et là des normes très basses pour la gestion des déchets cela conduit. Si l’on pouvait remettre les stériles dans les trous creusés, c’est à dire revenir à l’état initial sans l’uranium, cela simplifierait considérablement le problème des pollutions minières. Voilà une belle victoire des écolos qui s’en prennent par tous les moyens à l’électro-nucléaire.
Vous dîtes :
- Les déchets nucléaires sont retraités de manière satisfaisante en toute sécurité
Ok, bien sur, aujourd’hui on a l’argent et la technique nécessaire pour faire bien.
Moi, la question que je me pose, c’est la suivante : si dans 20 ans, une crise importante ramène le monde au niveau de l’afrique noire d’aujourd’hui, saurons nous gérer encore nos sites de stockages ? Il est tout de meme dangereux de parier sur un niveau technique en progression constante durant des siècles.
Les déchets faible activité longue durée de vie sont équivalent au niveau de la radioactivité au fait de vivre sur ce qui pourrait être une mine dans le Limousin, il faut bien se rendre compte de ce que l’on parle.
Les déchets haute activité, longue durée de vie, qui sont les moins volumineux sont vitrifiés et seront enterrés dans des couches d’argile profonde, bien en-dessous du niveau des nappes phréatiques. Des couches d’argile qui n’ont pas bougé pendant 2 millions d’années et dont on peut espérer raisonnablement qu’elles ne bougeront pas plus pendant les 200 000 prochaines années.
Les déchets vitrifiés ne sont pas lixiviés par l’eau de toutes les façons. Nous avons l’expérience des réacteurs naturels d’Oklo au Gabon, où il y a quelques 2 milliards d’années, une époque où la concentration en uranium 235 fissile était plus importants et où en présence d’eau comme modérateur des réacteurs naturels ont fonctionné. Ils ont générés des produits de fission qui se sont vitrifiés dans la roche, ça a du chauffer sec dans le voisinage.. La nappe phréatique a disparu et est revenue plusieurs fois pendant deux milliards d’années et l’on retrouve la trace in-situ des produits de fission qui n’ont pas migré. Alors même si les couches géologiques d’argile se mettaient à bouger on pourrait toujours dormir sur nos deux oreilles.
Maintenant s’il y a des guerres, des crises économiques graves, des bouleversements en tous genres qui conduisent à ce que l’on oublie, que l’on oublie le nucléaire, que l’on oublie les sites d’enfouissement. Si un jour, beaucoup plus tard, des humains arrivent à ces niveaux dans les couches géologiques c’est qu’ils auront ré-inventé la technologie et qu’ils auront les moyens de comprendre la situation. Et de toutes les façons se seront des mineurs ou assimilés et pas les Champs Elysées pour un passage très considérable de personnes.
Vous dîtes :
- Avons-nous si peu d’informations sur ce qui s’y passe ?
Le parallele avec l’industrie chimique est pertinent. Ceci mériterait un autre article.
Je suis aussi opposé aux malversations du lobby chimique qu’à celui du nucleaire.
Les entreprises impliqués communiquent, c’est vrai. Mais j’aimerais avoir des points de vue contradictoires.
Hors, dans les médias, c’est vraiment le désert.
Pour avoir des points de vue contradictoires, c’est difficile.
D’une façon très générale, les médias sont des "vendeurs" et ce qui se vend bien c’est la peur. Les médias ne font pas leur boulot d’enquête et d’information. Ils reprennent bêtement les dépêches de l’AFP sans chercher plus loin. Et l’AFP est profondément anti-électronucléaire, à chaque dépêche d’une information sur le nucléaire, sans qu’il ne soit rien demandé, il est dit en fin de message : Il est rappelé que SDN qui regroupe X associations s’est prononcée ...etc.. etc.. la litanie anti-électronucléaire.
D’autre part, si l’on s’applique à donner de l’information, les antinucs reprennent les mots, les réassemblent et font dire exactement le contraire de ce qui a été dit. Sur ce fil de discussion par exemple on demande à l’auteur la différence entre l’uranium naturel du Rhône et l’uranium fuyard de Socatri, il ne lit pas 5 fois le messages, d’un seul coup il finit par se poser une question sur l’origine de l’uranium du Rhône, question à laquelle il a été répondu déjà maintes fois. Tout cela pour conclure qu’il ne sait pas la différence (qui n’existe pas) ce qui ne l’empêche pas de continuer à discourir sur la pollution de la nappe den Tricastin en poussant des cris d’orfraie. Je sais que ce n’est pas parce que l’on a rien à dire qu’il faut se taire, mais ici l’exemple est typique.
J’ai pas mal d’amis dans le nucléaire, beaucoup plus compétents que moi qui refusent de discuter sur ces sujet car :
- il est inutile de parler de choses que les gens ne peuvent pas comprendre car ils n’ont pas le niveau.
- on ne discute pas avec des menteurs, des gens malhonnêtes.
Un référendum sur l’énergie avec une question du type voulez-vous payer votre courant trois fois plus cher ? Ca serait effectivement intéressant.
Si vous avez d’autres questions, de grâce une question par paragraphe si vous voulez une réponse, autrement ce sont des pensums trop lourds que l’on ne peut que survoler car dans bien des cas on pourrait encore approfondir les sujets.
@+
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