Je ne sais pas ce que donnera cette version de l’Illusion comique par la troupe du Français, mais je peux affirmer que, près de 4 siècles après qu’elle eût été écrite, cette pièce reste, en dépit de quelques tournures de versification archaïques, d’une confondante modernité et d’une étonnante drôlerie.
Les comédiens français, auréolés de leur prestige et du talent de Podalydès, pourront-ils dépasser la formidable prestation de la troupe de Marion Bierry récemment vue au Poche Montparnasse ? Pas sûr, tant les acteurs (je peux en témoigner) y étaient tous excellents, à l’image de Bernard Ballet, étincelant dans le rôle de Matamore.
Un Matamore qui, par certains côtés, ne manquera pas d’évoquer Sarkozy aux spectateurs, comme le montre cette tirade :
« Je te le dis encore, ne sois plus en alarme,
Quand je veux j’épouvante et quand je veux je charme.
Et selon qu’il me plaît, je remplis tour à tour
Les hommes d’épouvante et les femmes d’amour ! »