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Commentaire de Catherine Coste

sur « Le don d'organes, on peut en parler, il n'y a pas de tabous »


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Catherine Coste Catherine Coste 24 septembre 2009 10:20

Merci pour votre message.

La mort encéphalique est la mort, c’est ce qu’on nous dit depuis 1968.

« En 1968 on valide le concept de mort cérébrale (5 août 1968, déclaration de Harvard aux USA et 25 avril 1968 : circulaire Jeanneney en France) mais on se garde bien d’en préciser les critères, les Américains disant qu’il faut les établir en fonction des connaissances et en France, la fameuse circulaire Jeanneney dit que l’élaboration des critères va être imminente et proposée par l’Académie de Médecine. Il faudra attendre 28 ans pour les voir apparaître. La France a donc eu quelques mois d’avance sur les Américains pour décréter que la mort cérébrale était un état de mort. Monsieur Cabrol, deux jours après la promulgation de cette circulaire, va faire la première greffe à partir d’un donneur considéré en mort cérébrale. (...). L’arrivée de ce concept a apporté avec lui une multitude d’interrogations éthiques et a engendré nombre de controverses et de confusions, beaucoup n’y voyant qu’un prétexte pour légaliser le prélèvement d’organes sur personne ‘décédée à cœur battant’. (...) Ce concept [de mort encéphalique] est aussi initialement controversé même chez les professionnels de la santé puisque si vous regardez des études des années 80, vous vous rendrez compte que 40 pour cent des professionnels de santé sont très réticents à admettre cette mort cérébrale. Cette méconnaissance reste encore aujourd’hui à mon sens le frein le plus important pour l’acceptation du don et [la mort encéphalique] reste le parent pauvre de l’information au grand public, et principalement le principal responsable du refus des familles confrontées au don d’organes. Ce scepticisme est dû à l’aspect non conventionnel de la mort, puisque le cœur bat et la peau est chaude. Penser que ce corps est mort n’est pas aisé. » (Dr. Guy Freys, Strasbourg : « On ne meurt qu’une fois, mais quand ? »)

A l’échelle internationale, c’est le « Harvard Brain Death committee » qui a contribué à faire équivaloir une incompétence du cerveau au constat légal de mort.

Or voici qu’en 2008, des spécialistes de la Harvard Medical School réclament la mise en place d’un nouveau « ad hoc committee », pour fixer de nouvelles normes. Faire équivaloir une incompétence du cerveau à la mort ne serait plus convainquant. Il faudrait fixer de nouveaux standards. Cette réclamation date d’août 2008. Il est « amusant » de constater qu’elle émane justement de l’institution qui avait contribué à promouvoir, en 1968, la mort encéphalique comme étant la mort légale dans le monde entier.

L’avenir nous dira s’il y aura changement de paradigme ou non dans la définition légale de la mort. On peut en tout cas en déduire une chose : le don est consensuel, la mort est dissensuelle, la seule science médicale échouant à donner une définition univoque, unanime et définitive de la mort. Cet aspect des choses est très peu connu du grand public.


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