Bien
entendu. Mais, par « très basse consommation de carburant » il ne
faut pas entendre consommation de 50 % inférieure à ce qui se fait de mieux
actuellement. Néanmoins, un progrès de 5 à 10 % sur celle du Dream Liner de chez Boeing, par exemple,
me paraît tout à fait à portée de technologie, avant 10 ans, et de nature à
faire la différence au plan commercial ; différence décisive s’entend.
C’est
une illusion de croire que Airbus et Boeing continuerons de confisquer encore
longtemps le marché mondial de l’aviation civile. On sait trop bien comment les
Chinois s’y sont pris, jusqu’ici, pour s’attirer à marche forcée le transfert
de technologies dans de très nombreux domaines. De toute évidence, le concept
de domaine économique réservé n’existe plus. Il n’y a donc aucune raison pour
que ces transferts ne continuent pas avec l’aéronautique et, entre autres, avec
l’automobile ; dans ce dernier domaine, je suis prêt à prendre les paris.
S’agissant
de l’aéronautique, il doit bien se trouver un avionneur canadien pour
contracter un juteux joint venture avec les Chinois et ainsi servir de caution
de fiabilité et de sûreté d’exploitation au nouveau produit chargé de tous les
espoirs de conquête marchande. C’est comme ça que l’industrie nucléaire
chinoise concurrencera bientôt AREVA et EDF, c’est comme ça que leur industrie
automobile menace de se substituer à celle des Anglais, récemment rachetée,
leur industrie électronique à l’électronique nipponne, leurs TGV au nôtre etc,
etc…
En
prêtant leur concours empressé à la genèse de cette diabolique machine
économique – mais ont-ils seulement le choix ? –, les États du G7 se
préparent des lendemains sociaux très difficiles. Car cette machine dispose du
réservoir quasi inépuisable d’une main-d’œuvre servile et qualifiée, dotée, de
surcroît, d’un sens aigu, pour ne pas dire militaire, de l’intérêt national.
Que voulez-vous, on ne s’affranchit pas du jour au lendemain des puissantes
influences du confucianisme et du communisme sur les mentalités d’un milliard
et demi d’êtres humains.
Pendant
ce temps, Sarko et consort jouent à sauver le monde à coups de taxes qu’ils
réservent en priorité à leurs propres peuples. Il y a urgence à ce que ces
derniers s’extraient de l’anesthésie « verdiste » et prennent
eux-mêmes en charge leur auto défense.
André Pellen