La démocratie, où que ce soit, ne s’est jamais décrétée. C’est un long combat dont nous-mêmes, pays occidentaux n’avons encore pas vu le bout. Et ce n’est pas en France, en ce moment, que nous aurions du surplus à exporter...
Le fondamentalisme musulman étant basé sur l’avènement d’une théocratie, c’est à dire exactement l’inverse de la démocratie, le choc n’a pu être que frontal.
Pour l’Afghanistan, un petit retour en arrière ne ferait pas de mal.
Historiquement, ce pays n’a jamais plié devant les ingérences étrangères. Coincé entre l’empire russe et l’empire britannique, il les a fait caler tous les deux. A l’époque, il ne s’agissait pas tant de ressources minières que de position géostratégique (le Grand Jeu). Plus tard, envahi par l’URSS, il a fini par les mettre dehors.
Bien sûr, avec cet axiome imbécile « les ennemis de mes ennemis sont mes amis », les américains ont armés les Talibans et quand ils ont voulu récupérer leurs précieux missiles Stinger, il y a eu un problème... Ces derniers, n’ayant pas le sentiment d’avoir signé un contrat de leasing, les ont gardé puis utilisé contre le fournisseur le moment venu.
A l’époque du combat contre les Russes, puis les Afghans pro-communistes, Ben Laden s’était adressé aux princes saoudiens, au nom de l’Islam. Il avait été éconduit et s’est donc servi de l’aide américaine. Il a été longtemps chouchouté par la CIA, même après les premiers attentats d’Al Qaïda. Rien que pour ça, on peut dire qu’il est une créature de la politique US dans la région.
Souvenons-nous aussi, quand les Talibans étaient au pouvoir. Qui négociait avec eux, « pouvoir stable », le passage d’un oléoduc pour éviter l’Iran à tout prix ? C’était avant le 11 Septembre, il est vrai, mais cette théocratie mortifère ne gênait pas les Américains et il n’était pas question de leur injecter une dose de démocratie, même homéopathique.
Alors, comment s’en sortir aujourd’hui ? En négociant à nouveau avec les Talibans, indirectement, par l’entourage de Karzaï ? C’est probable. Et une fois la couleuvre avalée, je parierais qu’on ne tarderait pas trop à voir revenir, discrètement, les représentants des multinationales, peu soucieux des Droits de l’Homme, (encore moins de la Femme) de la démocratie et toutes ces sortes de choses... Business is Business.