Attention, ne pas comparer les années 90 aux années 2010. a l’époque, l’accumulation de devises dans les réserves des banques centrales des émergents n’était pas encore de mise. Après la crise de la fin des années nonante qui a amorcé de spectaculaires retournements de conjoncture qui y ont plombé les bénéfices, les émergents ont tous accumulé des réserves. Ce qui signifie que leurs marchés intérieurs se sont développés. Par exemple, un ralentissement de 2% de la croissance américaine coûte seulement 0,1% aux BRIC. (L’Echo, O5/O5/10)
Quant aux écarts entre les capitalisations boursières et les PIB, rien de neuf. Ce qui est important, c’est de chiffrer, sur les places émergentes, le Price earning ratio qui, comme chacun le sait, désigne le cours de l’action divisé par le BNPA (bénéfice net divisé par le nombre d’actions composant le capital social de l’entreprise). Le PER indique à combien d’années de bénéfice correspond la valeur de la société cotée. Plus le PER est élevé, plus les risques de bulles sont probables.
Et on constate que les PER ne sont pas si élevés que cela chez les émergents. Par ailleurs, les acteurs bancaires locaux, puisque le crédit est moins développé qu’au centre, présentent des bilans moins déséquilibrés. Par ailleurs, les taux de croissance plus élevés des économies émergentes constituent un amortisseur en cas de chute des cours. Avec un prime, les réserves accumulées des banques centrales locales (qui permettent l’adoption de plans de relance vigoureux), il n’y pas péril en la demeure pour les acteurs financiers locaux.
Autrement dit, le jour où un retournement de conjoncture se produira sur les places boursières émergentes, ce sont essentiellement les banques occidentales qui trinqueront. Mais le taux de croissance de la production sur place ne faiblira pas. Et ça, c’est capital.
Nul doute : il y aura un retournement du Sud. Mais il ne présentera pas pas les caractéristiques de déflagration du