Bonjour,
Très intéressant.
Il y avait longtemps que je n’avais plus entendu parler des réacteurs à sels fondus.
Toutefois je ne présenterais pas les choses de cette façon : le choix de la filière actuelle tient à la conviction des politiques de l’époque que « tout ce qui était américain était bien » et non à une volonté de produire du plutonium que le réacteur Phénix fournissait en quantité suffisante pour notre « force de frappe ». C’est ce qui a conduit - malgré les réticences des responsables d’EDF - à la situation actuelle.
A cette époque, autour de 1973 effectivement, les responsables en question auraient largement préféré la filière à sels fondus pour de nombreuses raisons et pas seulement la sureté.
Mais encore fallait-il développer cette filière, construire un ou plusieurs prototypes, etc ...
Le pouvoir politique en place a jugé que cela aurait été trop coûteux et aurait pris trop de temps, la preuve « les américains ont laissé tomber ».
L’ennui c’est que le développement de la filière REP nous a coûté beaucoup plus cher et a pris beaucoup plus de temps que prévu : les réacteurs de Westinghouse comportaient nombre de défauts, comme on a pu le constater lors de l’accident de Three Mile Island. Il a fallu les modifier si profondément que Westinghouse nous a racheté, beaucoup plus tard, la licence de ces réacteurs améliorés.
En plus de cette filière, nombre de voies n’ont guère été explorées mais n’ont pas été développées sous la pression des « 4 grands » de l’industrie nucléaire : Westinghouse, General Electric, Babcock et Combustion Engineering.
Mais il ne faut pas désespérer : en Chine, en Inde et en Russie la filière à sels fondus fait toujours l’objet d’un intérêt poussé.