@ROBERT GIL :
Il y a une question simple à poser pour voir la différence de points de vue : la santé est-elle un produit comme une produit ordinaire ou tout le monde doit-il pouvoir se soigner décemment indépendamment de ses moyens financiers ?
Pour l’idéologie de droite, la réponse est oui la santé est un produit ordinaire où il ne devrait y avoir qu’un minimum de contrôle et de régulations. Et pour tous ceux qui n’ont pas les moyens de se soigner, on met en place les assistances comme aux Etats-Unis avec Medicaid ou en France avec les CMU ou autres.
Le système de santé est à repenser de fond en comble, car trop de choses méritent d’être changées. Comment se fait-il par exemple qu’il y a des spécialistes qui sont rémunérés au tarif de la sécurité sociale alors que beaucoup d’autres pratiquent des tarifs libres ? Comment se fait il que ces tarifs n’aient pas été revalorisés depuis autant d’années ? Que font les sociétés d’assurance de ces surplus de primes qu’elles perçoivent chaque année pour des risques dont je demande à voir combien cela leur coûte vraiment ? Combien se fait qu’avec tous ces « hyper-diplômés » on n’ait pas toujours pas trouvé de solution aux dépassements de temps de travail dans les hôpitaux, dépassement dangereux aussi bien pour le patient qui risque l’erreur que le soignant ?
En France, on a la chance que le système de formation des médecins est encore publique. Mais l’offre de soins est en train de se privatiser, suivant en cela une pratique générale de la société où « le marché doit pénétrer partout » (l’offre clinique privée est en train de se généraliser, il suffit d’ouvrir les yeux). Et cela est un véritable danger.