JL, j’imagine que quand vous dites « il n’y a pas de vérité qui ne soit relative », il s’agit d’une vérité absolue. Joli paradoxe, qui montre que vous ne parvenez pas à entrevoir la sphère non-duale dont je parle dans l’article (sur lequel vous n’avez d’ailleurs rien dit).
Mais passons. Venons-en maintenant à vos propos sur les religions séculières et la « religion du fric », qui, selon vous, se sont mises ensemble pour détruire l’immaculée République. Vous n’amalgamez pas, dites-vous, vous faites un parallèle. Admettons. Ce que vous voyez de commun entre elles, c’est leur soif d’absolu. Il semble donc que pour vous, le besoin compulsif de s’enrichir soit totalement assimilable au besoin d’établir un rapport avec un absolu qui nous dépasse. Ce que vous ne voyez pas, c’est que la première attitude n’est qu’une perversion de la seconde, car le besoin de se réaliser par l’enrichissement est, contrairement à la spiritualité, un moyen de se fuir soi-même en projetant dans un bien matériel la solution à ses problèmes existentiels. C’est donc tout l’inverse de la religion, qui justement déconseille, pour ne pas dire « défend », une telle idolâtrie. Il n’y a dans le monothéisme, de Salut qu’en Dieu, qui ne se trouve pas dans le fini. Il n’y a donc pas une différence de degré entre le désir d’argent et le désir de Dieu, mais une différence de nature (car vous n’ignorez pas que l’infini est d’une nature différente que le fini). Par conséquent, le parallèle que vous avez établi en interchangeant deux termes dans une devise, méthode qui déjà montrait la pauvreté de votre argument, est complètement erroné. Et ce d’autant plus que, si on peut s’approprier de l’argent, nul ne peut s’approprier Dieu.