@Gollum
Je ne
connaissais pas cet épisode, et je vous remercie de me le signaler. Mais enfin,
si vous connaissez bien l’œuvre de Guénon, je connais bien celle de Gide, et il
est tout à fait inexact d’affirmer que « celui-ci en arrivera à renier
toute son œuvre ». Il est vrai que Gide a été ébranlé par sa lecture de
Guénon. Mais le plus sûr pour savoir ce qui en résulta vraiment, c’est encore
de se reporter aux textes de Gide lui-même, et en l’occurrence à l’article de
son Journal daté d’octobre 1943 :
« Que
serait-il advenu de moi si j’avais rencontré [les livres de Guénon] dans ma
jeunesse ? (…) A présent, il est trop tard ; les jeux sont faits,
rien ne va plus. (…) Je tiens éperdument à mes limites et répugne à l’évanouissement
des contours que toute mon éducation prit à tâche de préciser. Aussi bien le
plus clair profit que je retire de ma lecture, c’est le sentiment plus net et
précis de mon occidentalité. (…) Je suis et reste du côté de Descartes et de
Bacon. N’importe ! Ces livres de Guénon sont remarquables et m’ont
beaucoup instruit, fût-ce par réaction. (…) En attendant, je persévère dans mon
erreur ; et je ne puis envier une sagesse qui consiste à se retirer du
jeu. Je veux « en être » et dût-il m’en coûter. »
Vous voyez qu’il semble tout à fait abusif de parler de « reniement »
...