Je ne pense pas non
plus me tromper quand j’interprète l’apocalypse chez Marx en termes
économiques et non purement dans son aspect humain issu de la
fantasmagorie.
Ce n’est pas lui
faire un procès que de décréter qu’il ne pouvait anticiper la
première guerre mondiale qui ne trouva pas son origine dans les
contradictions du capitalisme mais dans un regain morbide de ferveur
nationaliste.
La seconde guerre mondiale manie des concepts
vaguement anticapitalistes en ce sens d’une conflagration programmée par les états de l’axe pour réduire à la passivité une ploutocratie mondiale mais au
bénéfice du capitalisme national.
Alors que l’internationalisation
est inhérente à la structuration capitaliste qui se définit en
termes de croissance et qui doit s’ouvrir de gré ou de force de
nouveaux marchés et de nouvelles sources d’approvisionnement, le
capitalisme à l’échelle nationale est une forme de régression qui
ne pouvait inévitablement qu’aboutir à l’implosion des pays qui
fonctionnaient sur ce modèle.
Il faut reconnaître
que le capitalisme a jusqu’ici réussi à surmonter toutes ses
contradictions mais aussi qu’on voit poindre des limites à son
développement, ne fût-ce que par la raréfaction des ressources
naturelles appelée à contrarier les courbes de croissance car la
marchandisation du savoir et de l’économie numérique se heurte au
plafond de verre des besoins réels.
Certaines zones de
la planète dont la vieille Europe sont arrivées à des formes de
décroissance forcée quand bien même elles seraient masquées par
d’irréelles statistiques.
Le capitalisme est
né en Europe mais ses centres nerveux se déplacent à grande
vitesse vers d’autres continents.
Personne au début des années 90
du défunt siècle n’aurait pu prédire que la sidérurgie européenne
passerait sous pavillon indien et encore moins que la vieille Europe impécunieuse serait contrainte de vendre des bijoux de famille à l’oligarchie
chinoise après avoir été dépossédée de certains de ses fleurons
par la capitalisme mondialiste nord-américain.
On sent bien que
l’on vit une crise systémique mais les outils et la volonté
politique manquent pour expérimenter des utopies nouvelles et, en
attendant, rien ne se passe comme l’avait prévu Marx mais rien
n’échappe non plus à la grille de lecture de son raisonnement