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Commentaire de Elliot

sur Thomas Piketty : l'oubli des apocalypses de la veille


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Elliot Elliot 19 octobre 2015 14:18

Je ne pense pas non plus me tromper quand j’interprète l’apocalypse chez Marx en termes économiques et non purement dans son aspect humain issu de la fantasmagorie.

Ce n’est pas lui faire un procès que de décréter qu’il ne pouvait anticiper la première guerre mondiale qui ne trouva pas son origine dans les contradictions du capitalisme mais dans un regain morbide de ferveur nationaliste.
La seconde guerre mondiale manie des concepts vaguement anticapitalistes en ce sens d’une conflagration programmée par les états de l’axe pour réduire à la passivité une ploutocratie mondiale mais au bénéfice du capitalisme national. 

Alors que l’internationalisation est inhérente à la structuration capitaliste qui se définit en termes de croissance et qui doit s’ouvrir de gré ou de force de nouveaux marchés et de nouvelles sources d’approvisionnement, le capitalisme à l’échelle nationale est une forme de régression qui ne pouvait inévitablement qu’aboutir à l’implosion des pays qui fonctionnaient sur ce modèle.

Il faut reconnaître que le capitalisme a jusqu’ici réussi à surmonter toutes ses contradictions mais aussi qu’on voit poindre des limites à son développement, ne fût-ce que par la raréfaction des ressources naturelles appelée à contrarier les courbes de croissance car la marchandisation du savoir et de l’économie numérique se heurte au plafond de verre des besoins réels.

Certaines zones de la planète dont la vieille Europe sont arrivées à des formes de décroissance forcée quand bien même elles seraient masquées par d’irréelles statistiques.

Le capitalisme est né en Europe mais ses centres nerveux se déplacent à grande vitesse vers d’autres continents. 

Personne au début des années 90 du défunt siècle n’aurait pu prédire que la sidérurgie européenne passerait sous pavillon indien et encore moins que la vieille Europe impécunieuse serait contrainte de vendre des bijoux de famille à l’oligarchie chinoise après avoir été dépossédée de certains de ses fleurons par la capitalisme mondialiste nord-américain.

On sent bien que l’on vit une crise systémique mais les outils et la volonté politique manquent pour expérimenter des utopies nouvelles et, en attendant, rien ne se passe comme l’avait prévu Marx mais rien n’échappe non plus à la grille de lecture de son raisonnement


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