@popov
C’est avec l’Islam
que la civilisation arable a connu son apogée dans tous les domaines
alors que l’Europe croupissait, elle, sous le Christianisme dans un
Moyen-âge peu propice aux avancées civilisationnelles.
Par conséquent, mettre sur le compte de l’Islam le déclin et la
régression actuelle des sociétés arabes est à tout la moins une
erreur de diagnostic à moins qu’elle ne soit dictée par de moins
avouables préventions.
Il est cependant
bien vrai que le recours à la mystique sert à aider la population à
supporter ses malheurs sur terre et que la religion est
instrumentalisée à cet effet par les profiteurs du système mais
c’est vrai sous toutes les latitudes et avec toutes les religions.
Quand Marx évoquait
la religion opium du peuple, il ne pensait pas à l’Islam ni même à
une religion en particulier et contrairement à ce que l’on pourrait
penser, il ne condamnait pas ceux qui recherchait la consolation dans
le secours de la foi : il faisait le constat de la nécessité
pour le prolétariat misérable de s’affranchir de ses croyances en un au-delà de paix, de justice et de confort pour
se libérer du joug de l’exploitation capitaliste dont le royaume
était bien de ce monde et faisait durement sentir ses contraintes.
Le drame des peuples
arabes vient de la prévalence millénaire de structures patriarcales
qui n’ont rien à voir avec les religions abrahamiques car elles leur
sont antérieures : ces religions se sont adaptées à leur
environnement de mâles dominants pour prospérer.
On peut même
relever ça et là dans les livres dits saints de timides tentatives
de placer la femme, épouse et mère, sur un piédestal toutefois
érigé par l’homme et à ses usage et dévotion.
Malgré les
tentatives d’Ataturk, de Nasser ou de Bourguiba de séculariser leurs
sociétés respectives, le poids de la tradition dans ce qu’elle a de
pire a toujours été suffisamment lourd pour empêcher ces sociétés
d ’évoluer significativement : il s’agit bien là de pesanteurs
sociologiques ( qui prennent la religion en otage ) pour sanctifier
un immobilisme qui n’est pas non plus sans profit pour certains.
Manque toujours aux
peuples arabes ce Grand homme au sens hégélien du terme qui les
sortirait de leur gangue, ferait rentrer la religion dans les
mosquées, la confinerait au domaine privé et surtout les doterait
d’un Code Civil moderne.
Mais qui dit grand
homme suppose aussi que l’on fasse abstraction des lubies
démocratiques si chères à l’Occident qui en donne d’ailleurs une
image scabreuse dès lors qu’elle est confisquée par les tenants
d’une autre religion, celle de l’argent qui permet de tout acheter
même les médias qui exploitent sans vergogne l’exaspération de la
population en créant des
situations toxiques qui dégradent le discours politique.