Je découvre par
hasard cet article qui me fait chaud au coeur. Parce que je suis
quasi quotidiennement en contact avec des aides-soignantes et des
auxiliaires de vie. Pas pour moi – j’ai la chance d’être une force
de la nature, j’ai fêté il y a quelques jours mes 77 vendanges en
sautant en parachute de 4000 mètres ! – mais pour ma
maitresse, ma compagne, ma chérie, mon amour sur laquelle est tombée
une calamité, il y a une dizaine d’années maintenant :
Alzeimer. Une horreur. Vous voyez régresser jour après jour celle
que vous aimez. Femme superbe, ancien mannequin, puis directrice de
publicité. vous la voyez descendre irrémédiablement. Vos la voyez
s’étioler physiquement, s’évaporer mentalement.
Vous subissez les
conseils de personnes qui pensent que vous devriez « la mettre
dans une maison spécialisée ». Moi, je m’y refuse et j’ai
choisi de m’en occuper tant que je serais là. Mais ce tête à tête
permanent avec la déchéance de la personne que vous aimez est très
éprouvant. D’abord les dialogues qui s’étiolent, qui perdent toute
pertinence, puis vient le coup de barre : lorsque, pour la
première fois, vous êtes confronté à l’incontinence. Vos
découvrez alors ce que vous avez tant adoré sous des horizons
nouveaux si je puis dire…
A partir de là, en
parfait accord avec le fils de ma chérie, nous avons fait appel à
de l’aide extérieure. Sous forme de la venue à domicile, chaque
matin hors ouiquinde, d’une aide-soignante se chargeant de la
toilette de ma compagne. Puis, deux fois par semaine par la venue
d’une aide à domicile venant tenir la maison un peu mieux que ne le
fait un homme !
Et j’ai découvert
deux choses : d’abord que notre pays, notre république, même
imparfaite – et je suis le premier à gueuler ! - ne laisse
pas tomber ses citoyens. J’ai trouvé des fonctionnaires territoriaux
dévoués, compréhensifs, compétents qui se sont « décarcassés »
comme on dit chez nous pour nous venir en aide. Ensuite, j’ai
découvert des personnes merveilleuses, ces aides-soignantes, ces
auxiliaires de vie qui apportent non seulement leur savoir-faire,
mais aussi et surtout leur sourire, leurs paroles, leur présence,
leurs conseils éclairés, leur gentillesse. Elles sont comme des
rayons de soleil.
Un grand merci à
Carole, Anaïs, Sophie, Charlène, Aurélie, Nouria, Yasmina mais
aussi à Ervénie, à Nicole et toutes celles qui enluminent la vie
de ma compagne de leur venue et de leur présence éphémère mais si
précieuse.
Mais leurs
conditions de travail et leurs salaires ne sont pas à la hauteur de
leur dévouement.