@Autobaffé
Décidément,
nos amis Belges sont « en avance » sur nous. Quel beau pays que le
royaume, si accueillant à ces pauvres Français riches qui peuvent y
planquer leur pognon. Mais ce n’est pas seulement en cela que la
Belgique est « en avance ». C’est surtout sur les avancées considérables
qu’elle a faites et continue de faire pour avoir des comptes sociaux
équilibrés, pas comme ces salauds de Français. La solution est pourtant
simple : les citoyens coûtent beaucoup d’argent à la Sécu au cours de
leurs cinq dernières années. Et énormément de thunes lors de leurs
derniers mois de vie. Il y a là une source d’économies conséquente que
tout bon gestionnaire doit étudier, que tout « politique » responsable
doit envisager.
N’est-il
pas d’un laxisme coupable de laisser ce moment essentiel de la vie
humaine qu’est la mort au gré du hasard ? N’est-ce pas contraire au
sacro-saint principe de la « concurrence libre et non faussée » ? La
saine gestion économique d’une nation, dans le cadre idyllique de
l’idéologie ultralibérale, n’est pas compatible avec cette part de
hasard, avec cette loterie qui coûte si cher et prive les révérés
Actionnaires de dividendes espérés.
Les
Belges, après leurs voisins Bataves, ont bien compris ce problème et
ont pris les décisions courageuses qui s’imposent. Ainsi, premier pas
vers une régulation démocratique de la mort, l’euthanasie est légalement
accessible aux adultes depuis 2012 en Belgique. Dans leur grand
altruisme, les législateurs d’outre Quiévrain ont étendu en 2014 ce
« droit » aux enfants, sans limite d’âge, contrairement aux Hollandais
(non, pas les amis de Rantanplan, les habitants de la Hollande) qui ont
mis l’âge minimum pour ce « droit » à 12 ans.
Et
ils viennent de le faire : il y a quelques jours, ils ont exécuté les
volontés d’un malheureux gamin malade « en phase terminale ». Bref, ils
l’ont exécuté, « euthanasié » pour utiliser un mot plus joli
qu’assassiné.
Ouais mais il souffrait trop le gamin.
Ouais mais il était d’accord.
Ouais mais ses parents aussi étaient d’accord.
Ouais mais un collège de toubibs a pesé le pour et le contre.
Ben
voyons. En Belgique, un certain « professeur" Vincent a demandé de
pouvoir « euthanasier » des malades même en l’absence de leur accord ! http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/euthanasier-les-malades-sans-leur-149069
Les
soins palliatifs, ça coûte un bras. La formation de personnels
spécialisés, c’est la ruine. Les robots « accompagnateurs vers la
mort », ce n’est pas encore au point. La mise au point de molécules
antidouleur, ce n’est pas encore assez rentable.
On
peut imaginer l’avenir que nous préparent ces tueurs gestionnaires.
Allez, projetons-nous dans quelques années, mettons, en France, sous la
présidence Le Pen et le gouvernement Sarko. Par le 49-3, devenu la
manière normale de légiférer, le grand-oeuvre du quinquennat a été
adopté : les « lois d’Optimisation de
la vie ». Des lois permettant enfin la remise à flot de la Sécu, des
économies conséquentes sur les retraites, l’élimination de gens qui ne
sont plus « productifs ». Les « marchés » ont, à l’époque du vote de ces
lois « modernes », salué comme il se doit cette décision en rendant à
la France son « triple A » ! Et la France est saluée en Europe comme le « bon élève » ultralibéral.
Ces
lois mêlent avec beaucoup d’opportunité des textes précédents :
fichiers déterminant le « coût » de chaque individu, possibilité
d’internement d’office pour les récalcitrants – comme au plus beau temps
du goulag -, pour s’appuyer ensuite sur les statistiques. Celles-ci
déterminent chaque année la durée de vie moyenne des citoyens : cette
année-là 78 ans pour les hommes et 83 ans pour les femmes. Ainsi, à la
date anniversaire des citoyennes et citoyens atteignant ces limites
statistiques, ceux-ci reçoivent de l’administration une lettre
officielle leur signifiant qu’à dater de ce jour, leurs dépenses de
santé ne seront plus prises en compte par la société. Dès lors, s’ils
sont à l’hôpital, le service comptable de l’établissement demandera à la
famille de payer entièrement les frais et, en cas de refus, de manque
de « persuasion » auprès de l’impétrant - « Allez Mémé, il est onze heures, bois ton bouillon, c’est le docteur qui l’a préparé ! » - ou de non-solvabilité, donne aux médecins l’ordre d’euthanasier le « patient ».
Pour
ceux qui sont en relative bonne santé existe la possibilité de
« racheter » une année supplémentaire, à condition de déposer auprès de
la Caisse des dépôts et consignation un montant très conséquent
déterminé par la loi, sous forme de numéraire ou d’hypothèque sur des
biens. À défaut, si le vieux entre à l’hôpital pour quelque affection,
son sort sera rapidement scellé. Mais, dans sa grande mansuétude, la
société ultralibérale lui offre la possibilité de « choisir » lui-même
« d’optimiser sa vie » en libérant le territoire, gracieusement, dans
« de très agréables conditions ». Comme dans « Soleil vert »…