Le retraite du Roussi.
Il pleuvait.
Les sarkotrafiquants tremblaient dans leur liquette.
Pour la première fois Sarko baissait la tête.
Sombre jour ! Le nabo reculait brusquement
Laissant derrière lui un Barouin écumant.
Il pleuvait. Les coups durs tombaient en avalanches.
Après un coup de manche un autre coup de manche.
On ne connaissait plus les chefs ni le drapeau.
Hier Les Ripoublicains, et maintenant troupeau.
On ne distinguait plus les ailes ni le centre.
Il pleuvait. Les féaux se déchiraient le ventre,
Certains osant penser autrement que le chef
S’exposaient aux tourments des chevaux qu’on achève.
On attendait Juppé et c’est Fillon qui vînt
Repoussant Sarkozy sur les bords du ravin
Où, dans sa dure chute il allait disparaître.
Le « collaborateur » humiliait le « maître ».
Bravant la pluie, le vent qui secouait la France
Les électeurs de gauche firent la différence.
Saisissant l’occasion, en prenant leur panard,
Ils s’invitèrent en masse au banquet des droitards.
Leur but était très clair : éliminer le nain
Dès ce premier scrutin.
Péju, c’était écrit, devait tourner en tête,
Donc la seconde place cèlerait la compete.
Pour ce faire, il fallait pousser, la main au fion,
Le tristounet Fillon.
Et donc ainsi fut fait. Au fil de la soirée
Les résultats tombaient, les choses empiraient…
Non seulement Sarko n’était plus que troisième
Mais le fringant pépé n’était, lui, que deuxième !
Fillon, catho pétrit par les prêtres de Sarthe,
Caracolait devant. Athènes battait Sparte…
Et les bouchons sautaient chez tous les goguenards :
Quelques milliers de voix fusillaient le renard
Mais aussi, par le jeu d’un billard à trois bandes,
Éliminaient Hollande.
Ganelon risquait fort, s’il se représentait
Aux primaires de gauche, une déculottée
Au moins équivalente à celle du quincaillier !
Faute de match retour, pour eux deux, les vacances
Rendront pour quelques jours le sourire à la France !
Sourire qui sera un franc éclat de rire
Lorsque les méchants juges, avec juste raison,
Convoqueront Sarko pour bientôt le conduire
Vers la zonzon…
Hector Vigo.