On
nage en plein fantasme avec ces histoires de loups. Qu’il y en ait
quelques uns qui se baladent, c’est probable. Qu’ils bouffent de
temps en temps quelques brebis, c’est dans la tradition, mais
qu’ils représentent un danger véritable pour les troupeaux et,
pire, pour les humains, c’est au mieux une exagération, au pire
une embrouille. D’abord parce que les éleveurs sont remboursés
des dégâts avérés faits par les loups, ensuite parce qu’il n’y
a pas plus trouillard que le loup, il se planque en journée et fuit
la présence humaine.
Quant
aux ours, moi qui ai des accointances ariégeoises, je peux vous dire
que c’est des cagades !
Alors
quel est l’intérêt de ces gens à crier au loup ? Ils ont
peur pour le petit Chaperon Rouge ? Non ! Ils veulent
des sous ! Et le loup – comme
l’ours -
est une bonne gâche : on doit pouvoir tirer quelques
subventions pour s’équiper en clôtures, payer des bergers et
surtout faire passer sur le dos du bestiau légendaire tous les
massacres causés par les chiens errants. Il faut savoir que
l’essentiel, à 99%, des attaques contre les moutons sont faites
par des chiens. Ceux-ci n’ont pas peur de l’homme, attaquent en
plein jour, souvent en meutes et se font des mâchons !
Seulement ceux-là de dégâts, ils ne sont surement pas aussi bien
remboursés ! Des compensations financières sont prévues pour
les éleveurs ayant subi des dommages de la part du loup. En France,
l’argent provient du Fonds national pour la nature et
l’environnement financé par le ministère de l’environnement :
de 120 à 130 euros par brebis tuée ou mortellement blessée, autour
de 100 euros pour un agneau et plus de 300 pour un bélier. Ces
indemnisations couvrent également des dommages indirects, tels que
le stress (0,70 euros par brebis, plafonnée à 300 têtes) et autres
préjudices qui sont un manque à gagner pour les éleveurs.
Le
loup peut, certes, être une contrainte de plus pour les éleveurs et
les bergers mais il ne représente pas une menace économique pour
l’élevage ovin (au pire 8000 moutons perdus dans l’année) qui
doit faire face à des difficultés bien plus importantes. Et en
particulier la concurrence des productions de Nouvelle-Zélande et
d’Australie qui envahissent les étals des grandes surfaces à prix
cassés.
L’Etat
français prévoit des compensations en cas d’attaques classées
« grand canidé ». Nul ne peut dire, pas même les
spécialistes chargés des constats, qui du loup ou du chien est
responsable d’une attaque. C’est pourquoi les attaques sont classées
« grand canidé » s’il n’existe pas de preuve de la
responsabilité de l’un ou l’autre. Mais si le loup est presque
toujours montré du doigt, les chiens errants sont (selon France
Nature Environnement) 100 fois plus souvent, les véritables
responsables.
(http://www.buvettedesalpages.be/brebis-egorgees-par-des-chiens-errants-ou-divagants-en-france.html)
Si l’éleveur déclare une attaque de loup, il est grassement
remboursé. S’il est prouvé que c’est une attaque de chien, il
faut retrouver le propriétaire du ou des chiens pour faire payer son
assurance ! Et ça c’est une autre histoire…
Partant
de là, il serait bon que les pouvoirs publics se penchent sur le cas
de ces chasseurs qui sur de grandes chasses privées laissent leurs
chiens libres de leurs mouvements, d’une campagne à l’autre. Les
chiens affamés s’échappent de ces immenses espaces (très mal)
clos, se réensauvagent et s’attaquent aux troupeaux. C’en est alors
fini de leur tempérance à l’endroit des brebis, moutons ou autres
ovins et caprins. La responsabilité de ces situations échoit
souvent à des chasseurs indélicats mais quand on veut tuer le loup,
on l’accuse de carnage.