Le succès du Référendum du 1er octobre est du à la dynamique
d’auto-organisation engagée d’en bas suite à l’arrestation de14 hauts
responsables de
la Généralité catalane le 20 septembre. Mobilisation qui s’est accélérée les jours
précédant le référendum par l’occupation puis la défense des bureaux de
vote.
Le gouvernement tout comme l’ANC et Omnium cultural, les
deux grosses associations indépendantistes, ont distribué urnes et
bulletins de votes tout en anticipant que la Garde civile espagnole
empêcherait le scrutin de se tenir. Leur objectif était de pouvoir
dénoncer la répression menée par les forces politiques de la
monarchie... et de pouvoir médiatiser de longues queues d’électeurs
devant des bureaux de vote fermés par la police...
La
mobilisation massive de la base indépendantiste, qui a fait le succès du
Référendum, a surpris le gouvernement catalan qui ne pensait pas que le
scrutin se tiendrait... La répression violente menée par la Garde
civile a ensuite provoqué la grève générale du 3 octobre..
C’est à
ce moment que le gouvernement Puigdemont, qui n’a jamais eu une volonté
d’affrontement contre l’État espagnol, mais qui espérait négocier avec
lui dans un cadre institutionnel s’est vu complètement dépassé face à
l’escalade que le résultat du Référendum allait inévitablement
provoquer. Son hésitation à proclamer la République catalane, la
suspendant aussitôt déclarée, en est le témoin visible...
Après
avoir tenté de convoquer des élections, si le gouvernement Rajoy
renonçait à appliquer l’article 155 suspendant l’autonomie catalane, il
ne lui restait plus, après le refus de ce dernier, qu’à faire proclamer
l’indépendance par le Parlement catalan.
Le problème étant que
ni le gouvernement, ni Puigdemont lui-même, n’avaient un plan réaliste,
une feuille de route à appliquer face à une répression prête à aller
très loin.
En gros cette rupture avec les institutions espagnoles a
été imposée d’en bas et on se retrouve dans une situation que l’on
connaît maintenant très bien à savoir avec un gouvernement réformiste,
composé de notables, incapable d’assumer ce qu’il promettait à ses
électeurs... qui eux se sont mobilisés à fond et continuent de le faire à
travers les Comités de défense de la République (issus des Comités de
défense du Référendum)...
Bien sûr exiger la libération des
prisonniers politiques est un minimum pour les Catalans mais aussi leur
volonté se manifeste dans la poursuite de l’action des CDR et dans la
grève du 8 novembre sur toute la Catalogne :
4e communiqué des Comités de Défense de la République
Le peuple commande, le Gouvernement obéit !
(CDR de Vallcarca)
Nous, Comités de Défense de la République [initialement Comités de Défense du Référendum],
réunis à Manlleu en Assemblée Plénière aujourd’hui samedi 4 novembre,
face à l’offensive autoritaire et antidémocratique sans précédent de
l’Etat espagnol, informons que :
1.
Dans cette 4e Rencontre, nous considérons établie notre structure
organisationnelle et opérationnelle, suite à un processus de
consolidation que nous avons voulu rapide mais efficace. A travers ce
réseau, auquel participent plus de 172 CDR de tout notre pays [la
Catalogne], nous sommes en contact avec des organisations qui luttent
pour notre souveraineté nationale et participent du syndicalisme
engagé.
2. Nous exigeons la libération immédiate
des personnes qui ont été emprisonnées pour leurs idées. Nous apportons
tout notre appui aux prisonniers politiques et à leurs familles. Ils
auront tout le soutien de notre peuple dès que nécessaire et pour ce
qu’il faudra.
3.
Avec la consolidation du réseau des habitant-es des quartiers qui ont
rendu possible la tenue du référendum du 1er octobre, nous sommes
préparé-es pour défendre la République de façon pacifique mais radicale. Voilà pourquoi nous appelons la population à participer de façon active aux Comités de Défense de la République de leur municipalité.
4.
Face au coup d’Etat que nous vivons, aujourd’hui plus que jamais, il
nous faut rompre avec la fausse normalité qu’il impose : mettons le pays
à l’arrêt, de façon imminente. Nous lançons un appel à participer aux
diverses mobilisations décentralisées qui se mettront en place dès ce
lundi aux premières heures de la matinée. Faisons, à partir de mercredi (lire ci-dessous : Le 8 c’est grève générale !),
un pas en avant, afin que l’Union Européenne nous entende ; bloquons
l’économie, même si l’Etat Espagnol cherche à nous empêcher d’exercer
notre droit de grève.
Manlleu, 4 novembre 2017.