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Commentaire de Elliot

sur Les deux France irréconciliables et Johnny


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Elliot Elliot 7 décembre 2017 16:04

Je suis de la génération de Johnny. Sans avoir jamais été un fan mais sans jamais non plus l’avoir déprécié lui et les gens qui l’appréciaient.

Sa mort mérite-t-elle cet excès d’honneur, ce flot d’éloges dithyrambiques, ces larmes sincères ou jouées sur les grands médias audiovisuels et cet amoncellement d’articles sur un site citoyen où pratiquement tout le monde se dispute le droit de donner son éclairage, son sentiment ou de faire partager sa peine.

Je ne le pense pas car l’excès est un défaut qui mène à la saturation.

Je pense surtout aujourd’hui à Jean d’Ormesson dont l’annonce de la mort a été vite submergée par l’ombre du chanteur disparu qui, à son corps défendant, éclipse sa fin remisée au rang de rubrique nécrologique de province. Nul doute qu’il s’en serait amusé.

Le symbole est pourtant violent : la disparition un représentant, éminent certes, d’un art somme toute mineur, la variété, réussit à gommer le décès d’un érudit, académicien, je sais ce n’est pas nécessairement un gage de qualité, romancier dont un certain nombre d’ouvrages devraient connaître une postérité relative. Auprès d’un public nécessairement restreint.

C’est un état de fait qu’il faut bien constater sans vouloir hiérarchiser les chagrins, ce qui serait indécent.
Cela explique d’une certaine manière les piètres performances (34ème sur 50 ) des écoliers de France en matière de lecture et de compréhension de texte ( étude du Programme international de recherche en lecture scolaire ), les priorités des parents sont peut-être davantage dans la consommation de variétés souvent débiles que dans l’ouverture de leur progéniture aux délices du savoir.

Alors je crois surtout que ceux qui la pleurent, leur idole, pleurent surtout sur le temps qui a passé si vite, sur les petits plaisirs de la vie dont ils ont pu jouir, sur les petites misères ou les grands malheurs qui ont jalonné leur parcours et qui ont été rythmés par les chansons de Johnny.

C’est leur fin prochaine que beaucoup entrevoient. 

Comme un mauvais présage empreint de nostalgie..


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