Je vais apporter ma
pierre à la discussion en évoquanrt le problème que je connais le mieux :
la forte poussée centrifuge qui disloque la Belgique.
Posons comme
préalable de départ que cet état est une création artificielle
visant à soustraire des territoires acquis aux idéaux de la
révolution française à l’influence de la France pour créer (
c’était la volonté de l’Angleterre ) un état tampon sous forme
de monarchie dévolue à une parentèle lointaine de la couronne
britannique et non comme l’aurait souhaité la bourgeoisie
francophone à une personnalité liée à la couronne de France.
Après la défaite
napoléonienne les territoires belges furent rattachés à la
couronne d’Orange-Nassau régnant sur les
Pays-Bas.
Cette main-mise
néerlandophone sur des régions dominées économiquement par une
bourgeoisie francophone ne s’effectua pas de manière fort
harmonieuse, ce qui conduisit à la révolution de 1830 qui s’acheva
sur l’indépendance des provinces occidentales.
Une grande
partie des révolutionnaires avaient pour objectif le retour à la
France (même si la chose est tue dans l’histoire officielle), ce
qui était impossible en raison de l’hostilité de la couronne
britannique.
Le français, langue des classes dominantes, devint
la langue officieuse : les patois qu’ils soient romans ou
germaniques étaient les idiomes du petit peuple. Dans les collèges
et les Universités , l’instruction se faisait dorénavant en
français.
La guerre 14-18 où
les conscrits néerlandophones comprenaient à peine les ordres qui
leur étaient donnés en français, langue de la hiérarchie militaire, a servi de catalyseur aux revendications
régionalistes préexistantes du Nord du pays.
Contrairement à
l’effort d’unification linguistique qui fut imposé en France, la
Belgique se singularisa par son patchwork linguistique : le
français restait la langue des maîtres et des lettrés, le flamand
celle des domestiques.
D’où l’énorme
frustration qui fut exploitée par le mouvement national flamand qui
connut son paroxysme dans la collaboration des élites flamingantes
avec l’occupant nazi.
Il y avait là comme
un parfum de revanche qui a survécu à l’épuration et les
revendications d’amnistie pour les collaborateurs ont nourri
jusqu’à la fin des trente Glorieuses un mouvement qui a réussi à
phagocyter la revendication fédéraliste portée en vain par la
Wallonie à l’époque de sa splendeur pour la finaliser à l’avantage de la Fandre.
Aujourd’hui le
parti flamand le plus important, la NVA, est d’essence indépendantiste, il
participe au gouvernement de la Belgique qu’il influence
profondément : ce gouvernement est ultra-minoritaire en
Wallonie qui n’est représentée à cet échelon que par son aile
la plus opportuniste et la plus apte de ce fait à avaler les
couleuvres.
Tous les jours la
Belgique se disloque un peu plus.
Un détail qui a son
importance pour le démontrer : le feuilleton d’un grand stade
national à Bruxelles ébauché il y a 20 ou 30 ans qui était
destiné à accueillir l’un ou l’autre match de l’Euro 2020 de
foot n’a jamais pu être concrétisé en raison de la
multiplicité des intervenants et de l’hostilité du parti dominant
en Flandre donc en Belgique qui a réduit à néant tous les espoirs.
On peut considéré cela comme futile, inapproprié mais ce ne sont
pas les raisons qui ont présidé à son enterrement.
La régionalisation
est en Belgique un fait mais elle est boiteuse car la Flandre
conserve au niveau central tout ce qui peut encore favoriser les
moyens de son émancipation, moyens qui sont comptés chichement pour
l’entité wallonne, elle-même gouvernée par des partis qui
pensent plus à leur propre confort qu’au bien-être des citoyens
dont ils ont la charge.