Vous me permettrez
de ne pas être d’accord avec la définition extrêmement large que vous donnez de «
fake news » que, si vous le permettez, j’appellerai
pour ma part une manipulation articulée sur des mensonges ou des
vérités partielles, ce qui au final revient au même.
Si j’excipe de
fausses statistiques pour donner à mon éclairage d’une situation
donnée un semblant de vérité révélée, je manipule
l’opinion.
Quand je me félicite de la baisse des chiffres du
chômage en faisant croire qu’elle est due à une amélioration des
perspectives d’emplois, ce qui est peut-être un peu vrai, mais
que je ne signale pas qu’une partie de cette baisse provient aussi
de l’exclusion de chômeurs en fin de droit ou sortis du système
pour toute autre raison, je suis dans l’arrangement de la vérité
même si je ne commets pas de faux en citant mes chiffres, simplement
j’en oublie d’autres.
Le mot « fake
news » a été inventé ou en tout cas popularisé par Trump
pour qualifier des évidences qui ne l’arrangeaient pas : chez
lui, le barbarisme désigne des vérités qu’il ne veut pas
admettre mais qui n’en restent pas moins des vérités objectives.
Au demeurant, je
trouve assez dérisoire cette volonté macronienne de soumettre toute nouvelle un peu scabreuse à l’examen d’un organisme de déontologie ( car
comment déterminer le caractère mensonger d’une nouvelle ou d’une
déclaration sinon en l’encommissionnant ? )
L’arsenal
juridique est déjà assez bien armé pour donner à tout citoyen
lésé par une fausse nouvelle le droit d’obtenir réparation en
justice
Pour ce qui est de la sphère politique, elle fera comme elle l’a toujours fait au
gré de ses intérêts le tri entre les nouvelles qui la satisfont et
celle qu’il vaut mieux passer sous silence sauf à entrer en
contradiction frontale avec ce qu’elle est supposée défendre .