En premier lieu, il
faut reconnaître que le coup publicitaire pour Intermarché est
réussi.
On a parlé des bousculades et des conflits dans leurs magasins à tous les JT
et tout cela gratuitement, si l’on peut dire, car si vente des pots
de Nutella avec une décote aussi extravagante signifie un cadeau aux
acheteurs et une perte de recette pour la chaîne, cette perte est largement compensée par l’afflux d’acheteurs qui ont
probablement ajouté d’autres achats à leurs pots de Nutella,
annulant en fait le déficit provisoire occasionné par le coup publicitaire.
Et de toute manière,
au coût de la minute de publicité passer dans un téléjournal sans
débourser un liard reste un coup fumant.
D’un autre côté,
on peut s’interroger sur la santé matérielle de ces gens qui se
disputent des pots de Nutella comme s’il s’agissait de louis d’or
et qui en viennent parfois aux mains pour un gain qui ne se chiffrera
jamais, dans le meilleur des cas, qu’à moins de 10 €.
Si l’on voulait avoir une photographie de l’état de cette frange de la France qui
peine à joindre les deux bouts et se précipite pour bénéficier
d’une offre appelée vulgairement canon, on l’a eue grâce à Intermarché et les
conclusions à en tirer ne plaident pas en faveur de toutes les
politiques sociales qui ont été menées depuis des décennies.
Une partie de la
France est de plus en plus nécessiteuse et perd jusqu’à la fierté
de soi et malheureusement cela on le savait déjà avec le soutien irrationnel à une Extrême-Droite qui est un remède pire que le mal.