@kelenborn
Bon, j’ai fait mes
études primaires dans les années cinquante : mon instituteur
s’imposait naturellement sans avoir besoin de distribuer des
taloches ni de jouer de la règle sur les doigts, il s’imposait naturellement, il était le maître incontesté et nous faisait rentrer
dans la tête les règles de la langue française à coup d’exercices
et de dictées.
C’était peut-être
bête comme système comme l’est tout exercice basé sur la répétition mais aucun d’entre
nous n’ayant la science infuse, c’était encore le meilleur moyen
d’arriver à sortir un maximum d’élèves aux épreuves
terminales de l’examen cantonal.
Il n’y avait pas
d’immigrés, certes, mais il y avait des enfants qui grandissaient
dans des milieux illettrés voire analphabètes, dont la seule
culture était religieuse c’est-à-dire catholique et qui, tant
bien que mal, étaient guidés sur les chemins du savoir.
Avec des résultats
contrastés comme il y en a dans tous les groupes humains où chacun a des capacités différentes.
Mais mon instituteur
( qui faisait toutes les classes réunies dans un même local, ça faisait tout de même une trentaine de sujets, ce
qui serait jugé aberrant aujourd’hui ) maîtrisait son sujet, il
avait fait le choix de l’école normale un peu par idéalisme sans
doute et peut-être aussi parce qu’il ne se sentait pas les épaules
assez solides pour entamer un cursus plus prestigieux et surtout il
était respecté par la population car il faisait naturellement
partie de l’élite du village.
Ce ne sont pas les
élèves qui sont responsables du délabrement de la fonction, c’est
d’abord ceux qui, de réformes en réformes, ont saccagé ce qui
fonctionnait bien et qui d’abandons en abandons ont conduit à la
réalité de maîtres incompétents, veules, soumis à leurs élèves
et à des directives sans fondement.
Le cas de ce lycée
toulousain où une bande de voyous fait la loi pose davantage la
responsabilité de l’encadrement que celle de ces élèves pris
dans l’engrenage que leur donne un vertige de puissance, alors que,
face à un direction dotée des moyens de la discipline et surtout de
la volonté d’en user, ils ne sont rien.