Je
ne connais pas ces journalistes qui ont feint d’avoir été surpris par
le contenu des mémoires du vieux menhir comme il aimait à
s’appeler : sans doute n’avaient-ils pas une connaissance
approfondie des tours et détours de l’histoire de France de ces
dernières décennies.
En
réalité de ce que j’en sais, Le Pen justifie dans son livre – dans un style
qui, paraît il, est lourdingue - ses combats passés plutôt que de faire acte de
contrition comme sa fille a cru devoir le faire en vidant le FN d’une
partie de sa substance avec des résultats contrastés qui ont abouti
à faire de ce parti un canard sans tête qui court dans tous les
sens pour amuser une basse-cour qui a pour unique motivation :
exprimer sa haine xénophobe en surjouant un nationalisme sans
contenu.
Le
père Le Pen affiche de la constance là où d’autres surfent sur
le sommet de vagues successives sans jamais arriver à un point
d’équilibre qui les empêchât de se retrouver cul par dessus
chemise.
Je
ne suis certes pas d’accord avec lui.
En aucune manière.
Mais je
dois reconnaître qu’il n’a guère varié dans sa logique, tout
au plus l’a-t-il adaptée au cours des événements.
C’était encore un des rares orateurs à faire honneur à la langue
française sans buter sur les constructions de phrases un peu
compliquées.
C’est
en quoi il reste qu’on le veuille ou non un homme politique qui
aura marqué son époque et qui restera dans les mémoires quand
d’autres n’auront fait que passer en laissant leurs déjections
comme seuls souvenirs marquants.