Ces loqueteux
emmenés par le député Cocquerel ont-ils cassé quoi que ce soit,
craché sur des tombes donc sur la croix, tenus des propos haineux
contre les croyants ?
Non, ils ont simplement affiché ou crié leur besoin de reconnaissance, ce qui devrait être pourtant bienvenu dans un lieu de culte
catholique où on célèbre l’accueil de l’étranger ou du
moins où on devrait.
Sur ce site un
auteur a même osé parlé de profanation comme si le simple fait
d’être « sans papiers » venant de contrées lointaines
et majoritairement musulmanes dont les a chassés la guerre civile ou
la famine suffisait à profaner la basilique.
C’est lui qui
profane en premier lieu la langue française ou alors qui considère que la présence
de ces gueux avilit un lieu qui devrait être réservé à l’usage
et à la célébration d’une élite.
Personne n’a voulu
détourner le site de sa vocation première qui, par parenthèse,
s’accommode bien de la présence de touristes, certains peu
discrets qui photographient à plein flash et rompent, me semble-t-il
bien davantage, la solennité des lieux.
Quant à l’histoire
de France, telle qu’elle est enseignée, elle n’éclipse pas les réussites architecturales ou scientifiques qui font la gloire du pays mais elle les met en perspective : elle donne
aussi un aperçu de la misère du peuple, du servage, de la noblesse
qui persistait à danser sur un volcan en toute inconscience des
évènements qui allaient survenir et qui échapperaient à son
contrôle.
Les périodes
révolutionnaires libèrent aussi des excès qui ne sont pas mis sous
silence mais elles sont au final à l’origine de grands et nobles sentiments comme « la déclaration des droits de l’homme et
du citoyen » qui n’a rien perdu de sa valeur aujourd’hui
même si, comme l’amour du prochain, elle est volontiers dégradée et pas du tout par ceux qui portent des revendications dans les
églises.