Aux lecteurs,
cet article qui offre un éclairage intéressant sur la question des agissements et des actions possibles en prenant exemple sur l’Espagne.
http://www.atlantico.fr/decryptage/plus-fermete-contre-terrorisme-sans-toucher-etat-droit-c-est-possible-et-exemple-espagnol-est-pour-montrer-laurence-sailliet-3349124.html
"La France pleure ses victimes et son héros. Face à cette
souffrance, face aux craintes légitimes de nos compatriotes touchés en
plein cœur par ces actes terroristes, notre responsabilité est d’agir.
Personne n’attend d’un politique qu’il se dolente (se plaigne) sans ouvrir la voie,
sans avoir la volonté que les choses changent.
Aujourd’hui, nous sommes pourtant confrontés à un pouvoir en place
qui, par dogmatisme et manque de courage, s’oppose à des mesures qui
permettraient pourtant de mettre hors d’état de nuire ceux qui
participent à ces actes de guerre menés contre la France. Emmanuel
Macron s’oppose à la rétention administrative des individus radicalisés
les plus dangereux et à l’expulsion de ceux qui n’ont pas la
nationalité française et présentent les mêmes risques. Combien de morts
faudra-t-il pour que le gouvernement prenne les mesures qui s’imposent ?En
premier barrage, sa majorité, aux ordres, brandit le prétexte
d’infaisabilité juridique et constitutionnelle. Pourtant, ce même
personnel politique n’hésitera pas à triturer la Constitution pour des
sujets qui ne touchent en rien le quotidien des Français. Par ailleurs,
force est de constater qu’Emmanuel Macron, alors qu’il exprime
frénétiquement son européisme, reste aveugle au fonctionnement de nos
partenaires comme l’Italie ou l’Espagne.
Cette dernière, meurtrie par le
terrible attentat de la gare d’Atocha à Madrid en 2004, lutte depuis
sans tiédeur ni faiblesse contre le terrorisme islamique. Le combat
déterminé que l’Espagne mène a permis notamment l’arrestation de 700
islamistes et le démantèlement de 40 cellules terroristes.
Il existe
là-bas une justice d’exception pour les terroristes. Selon l’article 55
de la Constitution espagnole, peuvent être suspendus pour certaines
personnes, en relation avec les recherches concernant l’activité de
bandes armées ou d’éléments terroristes, certains droits et libertés
comme la limitation de la garde à vue, l’inviolabilité du domicile ou
encore le secret des communications.
Au-delà d’un renforcement important des moyens donnés au
renseignement, l’Espagne a revu à deux reprises en 2010 et 2015 son code
pénal pour incorporer de nouveaux types de délits comme ceux
d’endoctrinement actif ou passif, le recrutement ou le fait de se
déplacer dans une zone de conflit. De son côté, l’Espagne n’omet pas,
elle, de regarder vers la France et de tirer leçon des attaques que nous
avons subies. Mariano Rajoy dès 2015, à la suite des attentats de
Charlie Hebdo a signé avec Pedro Sanchez, alors dirigeant du parti
socialiste espagnol, un « pacte d’État » pour lutter contre le
terrorisme djihadiste.
Cet accord, élargi par la suite à Ciudadanos (centre droit) puis à
Podemos (extrême gauche) en tant qu’observateur, permet à l’Espagne
d’avancer avec efficacité sur les réformes nécessaires. N’est-ce pas
dans le processus décisionnel que l’union nationale devrait être requise
avec enthousiasme par ses habituels plaideurs ? Alors, pour que la
politique politicienne ne prime pas l’intérêt du pays et la protection
des Français, il est temps qu’Emmanuel Macron entende les propositions
faites par une opposition qu’il dit respecter. Qu’il entende la voix du
peuple qui appelle au courage et refuse la capitulation. Ces tragédies à
répétition nous obligent. Le Président de la République ne peut plus se
contenter de beaux discours. Par des décisions courageuses, la France
doit mener la guerre que nous a déclaré la barbarie islamiste."