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Commentaire de LeDinoBleu

sur La vie d'artiste


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LeDinoBleu LeDinoBleu 8 avril 2018 18:31

@Clouz0
« L’artiste est un artisan, seul à se débattre avec de petits moyens dans une société qui favorise les corporations, les lobbies. »

Walter Gropius, fondateur de l’école allemande du Bahaus, pensait que l’artiste était un artisan sublimé. Je vous renvoies à l’excellent ouvrage de Lionel Richard, Encyclopédie du Bauhaus (Somogy, 1985).

« En solitaire et en individualiste forcené, il veut le plus souvent tout faire tout seul.Il ne veut pas dépendre de quelqu’un d’autre pour vendre sa production et/ou, il ne veut pas donner une part du produit de ses ventes à une tierce personne. Il ne maitrise pas la plupart du temps les circuits de distribution, il se trompe, tape dans le vide, vend peu et mal. Mais ce sont les autres, tous les autres, qui sont responsables de ses difficultés. »

Et à juste titre puisque ce sont ces mêmes autres qui refusent de payer son travail au juste prix : celui qui vendra sa production et les circuits de distribution que vous évoquez prélèvent un montant considérable pour un travail de création à peu près nul. Déjà qu’ils vendent peu cher, en plus ils ne versent que des miettes et par-dessus le marché ne semblent pas faire grand-chose pour ça.

Je comprends très bien qu’on veuille se passer de leurs services...

« Est-ce parce qu’ils sont heureux qu’ils vendent mieux ou parce qu’ils vendent mieux qu’ils sont plus heureux ? Je penche pour la première explication. »

Vous n’avez peut-être pas tort, mais est-ce la bonne question ?

Être heureux est avant tout une question d’intégration sociale, soit de « normalité » pour simplifier à l’extrême et pour autant que ce terme ait un réel sens dans le contexte d’une civilisation. Un artiste « normal » produira-t’il des choses intéressantes ? Si on part du principe que c’est leur originalité qui fait des artistes des gens capables de créer des choses pas forcément révolutionnaires ni même uniques mais tout simplement originales, on peut en douter...

« Les autres, les jamais contents professionnels, sont à fuir. Ils cultivent faute de mieux le mythe de l’artiste maudit, incompris, s’enferment un peu plus chaque jour dans une aigreur et une jalousie qui les isole, ils crachent sur l’argent tout en bavant d’envie devant lui. »

Peut-on vraiment les en blâmer ? Quand on voit ce qui marche et le peu de sens créatif ou d’investissement que ça demande, la rancœur de ceux qui en disposent et savent l’utiliser se comprend assez bien. Et quand l’estomac crie famine toute la journée, il n’encourage pas la bonne humeur .

Ça devient vite un cercle vicieux dont on ne sait pas vraiment où il a commencé, ni quand, et encore moins comment.

« En tous cas, c’est bien compliqué... et bien dangereux, de faire l’artiste. »

Faire ou être ?

Le besoin de créer ne se choisit pas. Il s’impose.

Autrement, la plupart des créatifs feraient autre chose de leur vie...


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