Jonas,
Je recopie à votre intention ce que Jean-Paul Sartre, grand philosophe « de gauche » s’il en est, écrivait à propos de la publication du rapport Khroutchev relatif aux crimes du stalinisme. Vous verrez bien par là que Stéphane Courtois a eu tout à fait tort de publier ce qu’il savait du communisme. Fort heureusement, la foi dans notre dernière grande religion révélée par le prophète Karl Marx est telle que rien ne saurait l’ébranler, comme on peut le voir en parcourant cette page d’AgoraVox. Certes, jusqu’à la fin, le communisme aura tué en masse, mais était-ce le VRAI communisme ? Assurément non. Le vrai est encore à venir. A force de tuer, on devrait bien, quand même, finir par arriver à quelque chose, non ? Il me semble que c’est l’évidence même.
Sartre :
« Oui,
il fallait savoir ce qu’on voulait, jusqu’où l’on voulait aller,
entreprendre des réformes sans les claironner d’abord, mais les faire
progressivement. De ce point de vue, la faute la plus énorme a
probablement été le rapport Khrouchtchev, car, à mon avis, la
dénonciation publique et solennelle, l’exposition détaillée de tous les
crimes d’un personnage sacré qui a représenté si longtemps le régime est
une folie quand une telle franchise n’est pas rendue possible par une
élévation préalable, et considérable, du niveau de vie de la population…
Mais le résultat a été de découvrir la vérité pour les masses qui
n’étaient pas prêtes à la recevoir. Quand on voit à quel point,
chez-nous en France, le rapport a secoué les intellectuels et les
ouvriers communistes, on se rend compte combien les Hongrois, par
exemple, ont été peu préparés à comprendre cet effroyable récit de
crimes et de fautes, donné sans explication, sans analyse historique,
sans prudence. »