Synopsis : Cadre moyen, analyste-programmeur dans une
société informatique, son salaire net atteint 2,5 fois le SMIC. Malgré
cette insertion sociale, il n’attire pas les femmes. Dépourvu de beauté
comme de charme, sujet à de fréquents accès dépressifs, il ne correspond
guère à ce que les femmes recherchent en priorité sur le marché du sexe
ou de la satisfaction narcissique. On ne connaît pas son nom mais
personne ne semble s’en soucier.
Joueur disqualifié mais spectateur perspicace de cette partie de
faux-semblants qu’est la vie moderne occidentale, le narrateur décrit la
lutte quotidienne de ses congénères, toujours en quête d’un peu
d’amour, de plaisir, d’argent. Cette lutte, étendue à tous les aspects
de la vie humaine sous l’influence du modèle libéral, transforme le
moindre de nos gestes en un combat épique, au terme duquel notre
position dans la société humaine est corrigée, à la hausse ou à la
baisse. Même nos lits ne sont plus un refuge. Il faut s’y distinguer. La
sexualité est un système de hiérarchie sociale. Résigné, le narrateur
se place définitivement en dehors de cette lutte, enfermé dans la
nostalgie de l’adolescence, son récit ne faisant toutefois jamais
allusion à ses parents il souhaite parfois la mort sans pouvoir s’y résoudre.
Souvent, son entourage fait preuve d’un dynamisme de façade qui tranche avec sa propre neurasthénie.
Pourtant, le désenchantement survient toujours, comme s’il était
impossible – ou risible – de s’impliquer dans le monde. Le narrateur
décrit ainsi le décalage entre la projection existentielle d’un de ses
amis et la réalité de sa vie quotidienne, mettant en perspective son
idéologie élitiste et la médiocrité d’un célibat sans issue".
Je n’ai jamais ressenti cela. Il aurait dû avoir une cure totale de compréhension de ce qu’il faisait, de ce goût de la création qui a été mien et qui n’existe pas dans beaucoup d’autres métiers..