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Commentaire de Elliot

sur Ceux qui défigurent le monde et ceux qui l'envisagent autrement


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Elliot Elliot 11 mars 2019 14:36

La politique d’urbanisation est intimement liée à la primauté donnée à l’industrie de masse sur ce qui faisait le quotidien de nos campagnes, à savoir le petit artisanat et le travail de la terre.

Non qu’il n’eût point fallu s’inscrire dans le mouvement du monde, la chose eût été difficile et n’eût pas été acceptée par une population soumise dès la libération au matraquage idéologique de l’« american way of life »

Créer des tours pour sortir les gens de logements insalubres voire de bidonvilles ne fut pas un recul mais un progrès.

La question est : qu’avons-nous fait de ce progrès ?

Au début des années 70 du défunt siècle survint ce qui pourtant était prévisible pour les mêmes raisons qui avaient conduit aux excès du développement chez nous, des pays producteurs de matières premières nouvellement entrés dans une phase de décolonisation s’imaginèrent pouvoir contrôler leurs rentrées et accroître leurs rentes.

Les marchés captifs devinrent de plus en plus perméables à des concurrences extérieures qui étaient encore insoupçonnables dans les années du grand boom bâtisseur de tours et autres grands ensembles au demeurant mal conçus ou conçus volontairement comme des ghettos rendant d’ailleurs au mot banlieue son sens originel : le lieu pour les gens mis au ban.

Cette évolution – tout de même évoquée en 1972 par le club de Rome, premier organisme à avoir attiré l’attention du public avec un succès plutôt mitigé en publiant « The limits of growth »  ne pouvait se faire qu’au détriment des pays occidentaux dépourvus de matières premières qu’ils avaient épuisées enchérissant par le fait même ce qui faisait leur fierté leur capacités productives.

Leurrés par leurs avantages technologiques qu’ils imaginaient par ethnocentrisme imbécile inaccessibles à ceux qui étaient, paraît-il, moins avancés, ils se sont réveillés à l’aube du XXIe siècle avec une belle gueule de bois : non seulement ils étaient rejoints dans ces domaines mais parfois dépassés. 

Leur sont aujourd’hui imposés de nouveaux termes de l’échange.

Il faut admirer la manière dont l’oligarchie capitaliste a su s’approprier les rêves d’indépendance financière des pays producteurs en pratiquant à large échelle la mise en coupe réglée de leurs produits tout en favorisant une élite « indigène » gavées de pots de vin et de postes privilégiés dans un vaste système de corruption organisée.

Ce système est en tout point semblable avec celui qui leur avait permis de prendre la direction d’états millénaires que ce soit en privilégiant des formes pseudo-démocratiques ou, s’il le fallait, des formes dictatoriales.

Avec la mondialisation – qui, on ne le dira jamais assez, est un instrument nécessaire de la domination mondiale de ces groupes ploutocrates – le sort de l’ouvrier occidental caserné dans ces vastes ensembles était consommé : les usines proches fermaient leurs portes, les quartiers étaient abandonnés par les transports en commun ; il n’y avait plus aucune raison de favoriser une mobilité qui n’avait plus aucune utilité pour un tissu industriel en voie de liquéfaction voire de disparition.


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