L’État est le problème, non la solution, en Mauritanie comme ailleurs.
L’instrument de cette petite élite, l’État, est simultanément
la violence organisée de la classe dominante et propriétaire et le
système de sa volonté exécutrice. Comme le dit plus avant le groupe
Dielo Trouda : “L’État et l’autorité retirent l’initiative des
masses, tuent l’esprit créatif et de la libre activité et cultive en
elles la psychologie servile de la soumission.” Page 6 du PDF N° 56 de 43 pages ; L’Anarchisme Africain, l’histoire d’un mouvement par Sam Mbah et I.E. Igariwey
Dans, Marche ET/OU Crève.
Mais, avec respect, nous en sommes TOUS là, vraiment.
Le Soudan secoue le joug de la tyrannie et du pouvoir militaire, l’Iran vacille. Le Liban
est un coup de semonce pour le Hezbollah et pour l’islamisme dont la
défroque religieuse ne masque plus l’objectif politico-pétrolier. L’Algérie
ne veut pas d’un ripolinage gouvernemental. L’Irak découvre que la
réalité sociale l’emporte sur l’importance accordée aux rivalités
religieuses. Restent les Catalans, les seuls à vouloir un État alors que le « plus froid des monstres froids » est partout criblé de flèches.
Mais il n’est pas impossible que les indépendantistes, engagés dans une
impasse par le bras de fer opposant l’État madrilène à la non moins
étatique Generalitat, respirent soudain les remugles du cadavre
franquiste que l’esprit nationaliste a sorti de ses cimetières. Donc il
n’est pas impossible que leur revienne la mémoire des collectivités
libertaires de la révolution de 1936 où se forgea une véritable
indépendance, avant que le parti communiste et son allié, l’État
catalan, les écrasent.
Raoul Vaneigem, novembre 2019, dans : Le pire, c’est maintenant, surtout si nous continuons à nous accommoder du pire...
JBL