@Jean Keim
Au sujet de
la création du diable, mea culpa, j’avais mal compris.
« Les
deux définitions que vous me proposez bien gentiment sont le
cheminement d’un mode de pensée n’est-ce pas ? »
Oui,
mais
pas
au
sens où on l’entend habituellement. Personnellement
je n’ai pas (encore) accès à ce savoir, c’est pourquoi je n’y
crois pas. Je trouve ces définitions intéressantes mais je ne m’y
attarde pas. Quand je dis que je n’y crois pas, je ne veux pas dire
qu’elles sont fausses, je veux simplement dire que je refuse
d’adhérer à quoi que ce soit que je ne peux savoir par moi-même.
Dans la vie pratique c’est différent : pour planifier ma
journée de demain, j’ai besoin de croire que le soleil se lèvera
et que ce sera une journée normale. Mais
pour ce type de connaissance, qui, à mon niveau, est spéculative,
je m’abstiens de tomber dans la croyance. Je la garde à titre
d’hypothèse à confirmer plus
tard par
une connaissance directe. Pour le moment, mon « travail »
consiste à être vigilant vis-à-vis des pensées qui surgissent car
il y en a un paquet que je perçois de plus en plus clairement comme
étant des intrus. Je m’exerce au discernement afin de trier les
pensées. Cela m’apporte un bienfait énorme : je
ne laisse plus entrer n’importe qui dans la maison de mon esprit.
Il n’y a pas de recette, mais ce que je peux dire c’est que le
fait de se détacher de ses croyances apporte une grande clarté. En
effet, les croyances agissent comme des aimants qui attirent notre
pensée vers elles, ce qui a pour effet de déformer et oblitérer
notre « perception » mentale. Quand
la
pensée n’est
pas polarisée par
des croyances,
ou l’est
de moins en moins, elle est beaucoup plus libre et donc plus lucide
et plus perspicace.
Pourquoi
est-ce si difficile de penser réellement et véritablement par
soi-même ? D’abord
parce qu’il faut prendre conscience de la manipulation mentale qui
se joue à notre insu depuis si longtemps
et qui provient d’un plan non matériel dont nous ne soupçonnons
pas l’existence.
Ensuite parce que nous sommes attachés à nos croyances. Leur
pouvoir d’attraction est d’autant plus fort que nous avons peur
de l’inconnu, peur de lâcher les
bouées du
connu
et
nager par nous-mêmes. Nous nous sentons en sécurité dans le connu
et
ne sommes pas intéressés à changer.
Évidemment rien n’est fait pour permettre à l’individu de
s’émanciper : nous sommes infantilisés et maintenus dans un
état de soumission dès le
plus jeune âge.
« je
perçois que la pensée individuelle est d’une part influencée par
une conscience collective qui est celle de notre espèce et que
d’autre part chacune de nos pensées alimente cette même
conscience collective. »
Très
juste. À ceci près qu’il existe aussi une forme de pensée qui n’est
pas influencée. Mais elle est rarement utilisée. Le
plus souvent
elle
est polluée
par des influences externes. Quand
elle surgit, c’est-à-dire quand elle arrive à se frayer un chemin
entre les épais nuages de nos « connaissances » et de
nos croyances, on la reconnaît.