Interressant bien senti, et concis, merci. Cependant :
« De quoi
l’écologie est-elle le nom ? » demande l’auteur, à
juste titre, en le titre !
Cette simple
question-titre montre à elle seule que ce mot « écologie »
n’est plus qu’un insignifiant circulant qui renvoit à un
insignifié nébuleux. On ne sait plus ce qu’on dit ne sachant
de quoi on parle ! Quand tout est dit « écologique »
plus rien ne l’est, tout est étant dans tout. Le mot est usé, dilué
dans l’impensé des lieux communs, des locutions automatiques.
Devient paradoxalement un déchet linguistique, la scorie verbale
d’énoncés circulaires.
D’où la
question : Le voile, l’illusion dont parle l’auteur
n’est-il pas justement ce dont l’écologie est le nom, ?
Le code convenu de cet impensé collectif aveuglant ?
Car qui ne s’en
revendique pas ? Personne. Qui s’en revendique ? Toute
monde, par défaut. Pourquoi ? Pour éviter la question centrale
et difficile, axiologique bien vue par l’auteur « qu’est-ce
qui a de la valeur » ? Voire même « Qu’est
la valeur » ? Si c’est ce qui anime le système
techno-social de la compétition, de la concurrence, via l’argent,
l’argent valeur de lui-même pour lui-même, alors c’est que nous,
homo economicus, ne sommes plus des entités biologiques animés par
des équilibres coopératif écolo-systémiques, sommes
irrémé-diablement sorti de la biosphère. Nous sommes devenus des
entités exogènes sur-individuées dans le milieu endogène
terrestre collectiviste (nature), nous sommes devenus nos propres
déchets non recyclables.
L’écologisme, cet
abus d’insignfiance verbale donc, ne serait peut-être que
l’évitement de cette conclusion tragique sans issue, de cet effet
miroir désespérant, une ruse aveuglante entretenue de nos mauvaises
consciences. Tout voir en vert pour ne pas se penser comme
non-viable.
« Au
départ, tout est parti d’une certaine idée du progrès. »
dit l’auteur.
Oui mais l’ennui
c’est qu’il n’y a pas de départ identifiable dans l’évolution
anthropologique, et c’est que non ! ce ne sont pas les idées
qui « font partir » les processus déléterres concrets,
mais les processus qui « font partir » les idées. La
preuve ? Du temps des éco-systèmes paysans à « énergie
renouvelable » médiévaux par exemple, on n’avait pas l’idée
d’écologie ! C’est bien l’industrialisation capitaliste
productiviste de masse qui a fait émerger l’idée d’écologie !
C’est
donc le système (économique, technique, du progrès et de la
croissance) qui suscite la conscience de son ailleurs, de son
altérité. Donc le fait toujours trop tard !
Au stade de
l’empire mondialiste étouffant totalitaire de l’argent, il n’y a
plus assez d’ailleurs naturel écolo-systémique sain, et c’est je
pense la racine causale des guerres comme celle d’Ukraine ou
d’ailleurs.