@Gollum
Vous vous emmêlez dans vos
références. La mort est une chose absolument négative pour le bouddhisme, les
textes sont clairs : « Tous tremblent devant le bâton. Tous craignent
la mort. Que l’on s’identifie avec autrui, ressentant ce qu’il ressent, et l’on
ne tuera pas, l’on n’incitera pas à tuer » (Dhammapada, 129). Ou
encore : « Ces os blanchâtres, comme des courges jetées à l’automne,
quel plaisir éprouver à leur vue ? » (Dhammapada, 149). Dois-je vous
rappeler ce qu’a éprouvé Siddharta lorsqu’il a été mis en contact avec la mort,
au sortir du palais paternel ? Vous reprochez au christianisme de dénigrer
le monde tel qu’il est, mais la vision du monde du bouddhisme est bien plus
noire et pessimiste, c’est un pessimisme total, il s’agit pour lui de se libérer de ce
monde et de cette vie, qui n’ont rien de positif.
En somme votre position :
« Se libérer de l’anthropocentrisme, prendre de l’altitude pour percevoir
l’équilibre éternel du monde » est celle de Leibniz dont Voltaire s’est
moqué dans Candide. C’est du spinozisme : les accidents qui affectent les
attributs de Dieu n’affectent pas Dieu lui-même, les douleurs particulières
contribuent à l’équilibre du Tout, etc. C’est là une vue très intellectuelle et
assez moderne, ce n’est pas du tout celle du bouddhisme qui est bien plus
concret dans sa lutte contre la souffrance, ni du platonisme, qui tend à
fortement dénigrer tout le monde sensible. À la rigueur c’est du stoïcisme
(Marc-Aurèle).