@Jean Dugenêt
La manipulation est d’une organisation fort complexe. Trois protagonistes ont en effet agit de concert :
— les occidentaux ;
— Israël ;
— leur
allié turc au double voire triple jeu.
La manipulation est située dans le temps par cette indication « suite
au cessez le feu au Liban ». Mais vous allez plus profondément dans
l’analyse car vous expliquez pourquoi ce cessez le feu est intervenu.
Les protagonistes du cessez le feu visaient, d’après vous, deux
objectifs :
— continuer de semer le chaos au bénéfice d’Israël
et de ses plans de déstabilisation (et de conquête) de la région ;
— à gêner la Russie en l’obligeant à combattre sur un
autre front (une volonté d’étendre le conflit en Ukraine, en
quelque sorte).
Je suppose que les protagonistes du cessez le feu étaient des
complices de ceux qui ont organisé la manipulation au bénéfice des trois
forces que vous avez désignées.
Je suis ébahi par la complexité d’une telle organisation. Je ne sais
si je dois féliciter les organisateurs de la manipulation pour leur brio
ou si je dois vous féliciter pour votre imagination.
Eh
bien, effectivement, ils sont très forts, et n’ont fait que semblant
de consentir à un cessez-le-feu afin de récupérer des forces ;
ensuite, l’implication ukrainienne est dans la droite ligne de celle
au Sahel ; et oui, à l’évidence l’allié turc mène un jeu trouble
et ne peut être qu’impliqué, si ce n’est à l’origine même de la
reprise des combats. Il vous a peut-être échappé que les groupes
terroristes/rebelles (c’est exactement la même chose en l’occurrence)
impliqués opèrent tous dans une zone largement sous le contrôle de
l’armée turque, qui surveillent tous les déplacements et tous les
approvisionnements, ceux-ci n’étant possibles que depuis la Turquie
– et donc la préparation de l’attaque n’a pu se faire qu’avec
l’approbation sinon l’appui de cette dernière. Quant au
cessez-le-feu au Liban, il n’a été mis en place que pour permettre
à Israël de pouvoir reprendre la guerre, de préférence après avoir
profité de la situation pour avancer ses troupes (une tactique
régulièrement utilisée par les terroristes-rebelles syriens, sous
le patronage de leurs maîtres occidentaux, et aussi par les
ukrainiens dans l’après-Maïdan) ; les violations du cessez-le-feu
par les troupes de l’État juif sont d’ailleurs innombrables (et
évidemment, elles seront imputées au Hezbollah par les
Occidentaux). De façon plus générale, les ennemis de la Palestine
sont ceux qui ont semé le chaos en Syrie (mais un certain nombre de
ceux qui prétendent être les défenseurs des Palestiniens se sont
fourvoyés dans le soutien à l’agression contre la Syrie, se tirant
ainsi une belle balle dans le pied).
Sinon,
vous reprenez ailleurs le marronnier discrédité depuis longtemps de
la djihadisation (d de rigueur) de « l’opposition » syrienne par
Bachar el-Assad. Non, elle n’a pas été le fait de la libération
des djihadistes des geôles syriennes, mais de l’importation de
rebelles libyens et d’autres pays entre autres, sous le patronage
des services occidentaux et de leurs alliés arabes ; les libérations
en question s’inscrivaient dans celles plus larges de tous les
opposants (nettement plus nombreux dans l’ensemble), en préalable à
des négociations de paix, négociations que les occidentaux ont
fait dérailler à dessein (on se souvient des déclarations de
l’affreuse Hillary Rodham Clinton qui exhortaient les insurgés à ne
pas les accepter), ce qui leur a permis de rendre Assad responsable
de la situation (les rebelles commettaient d’ailleurs de nombreuses
atrocités, dont des égorgements en série, bien avant, depuis le
départ en fait). Vous vous prétendez plus malin que les autres en
dénonçant les manigances de la propagande de différents régimes
visant à instrumentaliser les djihadistes, mais là vous tombez en
fait en plein dans ce type de propagande (et vous oubliez d’ailleurs
la reine de ces propagandes, celle du 11 septembre 2001).