Ce marche-pied végétal a même donné son nom à la cathédrale. Il s’agit d’un surgeon, un néser en hébreu, christianisé en Saint-Nazaire. Il se trouve sur le chapiteau d’un nazir : Samson. Le lancement de la construction de ce qui est aujourd’hui la cathédrale Saint-Lazare est peut-être même à attribuer aux empereurs gaulois dans le but de rivaliser symboliquement avec Gallien.
Détail troublant, le temple renversé par Samson est symbolisé par un porche qui n’est pas sans rappeler celui de Mont-Saint-Vincent. Cela pourrait s’expliquer par la prise de pouvoir des Chrétiens entre le début des travaux de l’actuelle Saint-Lazare et la sculpture des chapiteaux à leur achèvement. Ironie de l’histoire, alors que Postumus se faisait représenter en Héraklès / Samson sur ses monnaies, c’est son oeuvre qui devient à son tour la cible des nouveaux Samson chrétiens !
Pour mieux comprendre, il faut retourner à Mont-Saint-Vincent et expliquer en particulier le chapiteau de la biche de Cérynie. Si ce travail méconnu d’Heraklès est représenté au côté du lion de Némée et de Cerbère, c’est pour une raison bien précise. Il s’agit du premier travail de l’Heraklès / Juda du Testament des Douze Patriarches retrouvé à Qumran. A l’origine, l’auteur de ce texte évoquait sans doute de manière allégorique une conquête de la Galilée réelle ou projetée par sa « secte ».
Le fait de retrouver la biche de Cérynie à Bibracte signifie que les commanditaires avaient des lectures « qumraniennes » ! Le chapiteau en V indique qu’il y a possiblement cinq niveaux de lectures des chapiteaux à Mont-Saint-Vincent. J’en vois trois : les masques de Métis, les travaux d’Héraklès / Juda et une sorte de genèse néo-platonicienne (influence de Plotin ?). A Gourdon, certains travaux d’Heraklès sont représentés de manière beaucoup plus explicite, en particulier « la folie » et « la captivité chez Omphale ».