@Octave Lebel
bonjour
Cette analyse met en lumière les mécanismes qui nous ont conduits à l’impasse actuelle, mais je doute que le changement soit aussi simple qu’il y paraît.
J’ai déjà écrit que même si la LFI accédait au gouvernement, rien ne garantit une rupture de fond : passer à une VIᵉ République reste faisable, transformer durablement les rapports d’exploitation pour faire de chaque citoyen un partenaire économique relève d’un autre défi.
Endosser ce rôle de co-gestionnaire à l’image des Scop est plus équitable, mais cela n’élucide pas la question cruciale : comment trouver les ressources financières pour assurer les services publics que le peuple attend ?
Paradoxalement, beaucoup à gauche adoptent, dans leurs pratiques quotidiennes, la quête de plus-value propre aux capitalistes : sans un étalon objectif, la valeur se résume à des conflits où l’émotion du plus fort l’emporte.
C’est pourquoi je propose de mesurer la valeur d’une tâche à l’énergie biologique dépensée en une heure : un critère universel, incontestable et indépendant de nos préférences émotionnelles.
Sur cette base, on pourrait ajuster l’accès aux emplois selon la formation nécessaire et faire évoluer ces critères en fonction des innovations technologiques et de la compétition sociétale.
Je ne crois pourtant pas qu’un seul citoyen soit prêt à embrasser une telle révolution. Comme tu l’indiques, rien ne va dans ce sens : les militants de la LFI peuvent être convaincus, mais leurs futurs alliés risquent de freiner dès qu’on leur demandera d’agir vraiment comme socialistes.
Je me souviens d’amis socialistes qui me reprochaient de ne pas célébrer l’élection de Mitterrand : je leur répondais que croire à des réformes flamboyantes, c’est imaginer que les cailles tombent toutes rôties. L’histoire m’a donné raison deux ans plus tard.
J’estime que Mélenchon aurait dû, en plus de sauver le socialisme, élaborer un corpus idéologique pour préparer l’avenir, et non se contenter de remplacer les élites au pouvoir par des troupes prêtes à l’abandonner aux premières difficultés.
Malgré les 92 % de citoyens favorables à la réforme du capitalisme, peu savent réellement ce que cela implique.
cordialement.