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Commentaire de Yves Guéchi

sur Le véritable prix du bœuf français


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Yves Guéchi Yves Guéchi 23 décembre 2025 12:35

@lecoindubonsens

Le parallèle que vous faites est connu, et en partie juste. Oui, de nombreux biens et services sont subventionnés. Oui, l’utilisateur ne paie pas toujours le coût réel. Ce n’est ni nouveau ni choquant en soi.

Mais votre raisonnement évite la question centrale posée par l’article.

Les transports publics, l’école, les routes ou certaines associations relèvent de services collectifs assumés comme tels. Leur subvention est explicite, débattue politiquement et justifiée par des objectifs clairs : accès universel, cohésion sociale, sécurité, mobilité, égalité des chances. Personne ne prétend que le ticket de métro ou l’inscription à l’école reflète le “vrai prix” du service.

Le bœuf, en revanche, est présenté comme un produit marchand classique, vendu sur un marché concurrentiel, avec un prix affiché censé refléter sa valeur économique. Or ce prix ne tient que parce qu’une part structurelle du coût est déplacée vers l’impôt. Ce n’est pas un soutien ponctuel ou un choix social explicite, c’est un fonctionnement permanent.

C’est précisément pour cette raison que le “zoom sur le bœuf” est légitime.

Il ne s’agit pas de dire que le bœuf serait le seul cas de subvention. Il s’agit de montrer qu’un produit de consommation courante, acheté individuellement, repose sur un modèle qui demande toujours plus d’aides pour rester viable, sans que cela soit clairement assumé ni débattu comme tel.

Vous évoquez le fait que le consommateur de bœuf ne paierait “que” 85 % du prix réel. Ce chiffre n’est pas anodin. Il signifie qu’un secteur entier fonctionne en déficit structurel, compensé collectivement, année après année. La question n’est pas morale. Elle est économique et politique : combien de temps peut-on maintenir un modèle qui ne couvre pas ses coûts sans soutien permanent ?

Enfin, dire “pourquoi le bœuf et pas autre chose ?” revient à déplacer le débat. On peut très bien analyser les transports, le logement ou l’énergie. Le fait que d’autres sujets existent ne rend pas celui-ci illégitime.

L’article ne prétend pas que le bœuf est un cas unique.
Il affirme que c’est un cas révélateur.

Et poser cette question n’est ni injuste ni idéologique. C’est précisément ce que devrait faire toute analyse sérieuse d’un modèle économique financé par l’argent public.


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