@Fanny
En 2014 nous étions quelques uns à dire que le vrai risque pour la Russie c’était sa vassalisation par la Chine comme conséquence de sa rupture avec les puissances occidentales. C’est maintenant chose faite.
Le terme de vassalisation n’était pas une invention polémique.
Alexander Gabuev, directeur du Carnegie Russia Eurasia Center (analyste russe reconnu), explique que la guerre en Ukraine a accéléré la transformation de la Russie en partenaire junior dépendant de Pékin.
Voir par exemple :
- Alexander Gabuev, “Putin’s Turn to China”, Foreign Affairs (2022)
- Carnegie Endowment analyses 2023–2024 sur la dépendance russo-chinoise.
Gabuev décrit une Russie contrainte de vendre ses hydrocarbures à prix réduit, d’accepter des règlements en yuan, et de composer avec des conditions commerciales dictées par Pékin.
Alexander Gabuev,
Under Putin, Russia’s Vassalage to China Will Only Deepen, 10 septembre
2025
Ce n’est pas l’OTAN qui affaiblit la souveraineté russe aujourd’hui.
C’est la dépendance structurelle créée par ses propres choix stratégiques.
Quant au traité de Nertchinsk (1689), il marque la première délimitation formelle de la frontière russo-chinoise. Dans la culture stratégique chinoise, les traités frontaliers font partie d’une mémoire longue. Or le déséquilibre démographique entre la Mandchourie (plus de 100 millions d’habitants) et l’Extrême-Orient russe quasi vide est une donnée objective. La Chine n’empêchera pobablement pas le démembrement de la Fédération de Russie. Elle pourrait même en être le principal artisan.
Parler de ces éléments, ce n’est pas appeler à l’“Armageddon”. C’est analyser froidement les conséquences d’une politique impériale mal calculée.