@Gollum
Qui connait Héraclite ? Eh bien, je ne sais pas aujourd’hui, mais à mon époque, c’était au programme du manuel de philosophie de première, dans la rubrique « présocratiques » (Héraclite : tout bouge, Parménide : tout est fixe, Démocrite : c’est un peu des 2 avec les atomes).
Comme vous dites, « au sommet » (l’élite), ça se radicalise et ça a envie d’en découdre. Quant à « la masse », il s’agit quand même en grande majorité de braves gens qui ont avant tout envie de vivre en paix et d’élever leurs enfants. Je reste optimiste sur la nature humaine, et convaincu que les israéliens, les arabes ou les américains « de base » n’ont pas plus envie de s’entretuer que le français et l’allemand de base pendant la premier guerre mondiale.
Orwell parlait de « common decency » à propos de cet « homme ordinaire ». Il voulait dire qu’il a le sens de la mesure, que pour lui il y a « des choses qui ne se font pas », qu’il faut mettre une limite en tout (Michéa en parle très bien). En d’autres termes, cet « homme ordinaire » est héraclitéen ou taoiste sans le savoir, comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir !
Bref, ce qui constitue le cœur de ces philosophies monistes, c’est un fond de sagesse universelle que tout homme équilibré peut partager même sans avoir les concepts intellectuels sous-jacents. Ce sont au contraire ceux qui prétendent qu’il y a une « autre » réalité que ce bon vieux fond humain, une réalité métaphysique du genre Idées platoniciennes ou Dieu transcendant, et qui prétendent en tirer un magistère moral, qui mettent en danger leurs congénères.