@Zolko
Merci pour ce commentaire intelligent, cela fait plaiir. La question est fondamentale en effet.
Le RTGS et le clearing net occidental sont deux logiques opposées.
Dans un système de clearing net (type occidental, chambres de compensation comme CLS, CHIPS, ou les systèmes TARGET), les transactions s’accumulent tout au long de la journée et seul le solde net est réglé en fin de période. Si la banque A doit 100 à B, et B doit 80 à A, on ne règle que 20. C’est économique en liquidité, mais cela crée un risque de contrepartie pendant toute la durée d’accumulation : si un participant défaille avant le règlement final, c’est le système entier qui vacille. La crise de 2008 a montré brutalement cette fragilité.
Dans un RTGS (Real Time Gross Settlement), chaque transaction est réglée immédiatement, individuellement, et définitivement, sans attendre ni compenser. Le brut, c’est précisément cela : on règle 100 et 80 séparément, pas leur différence de 20. Il n’y a donc pas d’accumulation de risque de contrepartie dans le temps. C’est pourquoi les grandes banques centrales (BCE avec TARGET2, Fed avec Fedwire) ont migré leurs règlements interbancaires critiques vers des architectures RTGS.
C’est donc délibérément anti-clearing dans sa philosophie : chaque règlement entre banques centrales est brut, immédiat, adossé à des réserves réelles préalablement immobilisées. C’est architecturalement plus sûr mais plus exigeant en liquidité, ce que mon système compense en ancrant les réserves dans des actifs réels plutôt qu’en créant de la liquidité par la dette.