Le code n’a pas changé
par Eric-henry
mercredi 25 février 2009
« Le code a changé » : une éprouvante comédie filmée comme du mauvais théâtre.
Annoncé à grands fracas de plateaux télés et d’interviews complaisantes sur toutes les chaînes de France et de Navarre, Le code a changé se révèle n’être qu’une immense tartuffade plombée de dialogues oiseux d’où n’émerge qu’avec peine un Patrick Bruel étrangement convaincant en éminent cancérologue sincèrement affecté par la maladie de ses patients.
La comédie est à la peine et les efforts de Pierre Arditi ou Karin Viard pour donner corps à cette bouillie inconsistante faite de rebondissements téléphonés laissent un sentiment de recuit – sinon de malaise - dont l’origine est sans doute à trouver du côté de la trame scénaristique, d’une minceur inégalée, qui nous rejoue l’éternel débat poisseux des petits accommodements avec la vie et des couples mal assortis qui n’en peuvent mais.
Dans Le code a changé, le ridicule ne tue pas et traverser Paris en 4X4 un jour de Fête de la Musique est au moins aussi naturel que de se confondre en excuses auprès de la maîtresse de maison pour le retard dû aux encombrements, à peine prévisibles, suscités par l’événement :
« Ah, les rues étaient bondées, chérie ».
On s’en voudrait de ne pas lui rappeler qu’il est prudent d’éviter l’avenue des Champs-Elysées le 14 juillet. Le matin surtout.
Dans le même registre, on reste soufflé devant l’étonnante révélation d’Emmanuelle Seigner – qui ne s’en sort pourtant pas si mal par ailleurs – annonçant sans rire devant un parterre médusé que « les gens font semblant d’être heureux en société » ou on ne sait quelle réplique définitive qu’aurait sans doute aimé écrire Katherine Pancol dans ses romans sulfureux.
La même Emmanuelle qu’on revoit signant des autographes pour son livre sur l’autisme, thème à la mode sans doute choisi pour son glamour, forcément plus vendeur que la maladie de Hodgkin ou les risques des greffes de la moelle osseuse.
Le reste est à l’avenant. Marina Foïs en très improbable gynécologue surjoue son personnage d’épouse lassée des apparences, indécise et futile, auquel semble répondre en écho Thompson fils, alias Lucas, transparent et inhabité, dont la prise de conscience tardive (sa femme est plus talentueuse qu’il ne l’avait imaginé) évoque au mieux la stupéfaction de Tintin découvrant dans le Sceptre d’Ottokar que le Professeur Halambique est bel et bien un imposteur.
De là à penser que cette éprouvante comédie filmée comme du mauvais théâtre soit tout entière une imposture, il n’y a qu’un pas.
Las. Rien ne laisse pressentir que le code ait changé : la sinistre comédie boulevardière à la française, étriquée et vaine, emprunte toujours ses héros à la bourgeoisie parisienne que tourmentent de petits maux vides de contenu au regard desquels la Douleur du monde – Eden à l’Ouest, Costa Gavras - pourrait bien donner envie de s’enrôler fissa dans l’humanitaire.