Simplification ortografic

par C’est Nabum
mardi 3 mars 2026

 

Une réforme qui ne passe pas.

 

Un jeune éléphant rentra de l'école fort en colère. Il venait d'apprendre que son nom s'écrivait avec huit lettres ! Lui qui aimait la symbolique des nombres depuis qu'il avait appris que ses ancêtres avaient participé à la construction des pyramides égyptiennes, aurait préféré qu'il faille se contenter de sept lettres pour le définir pleinement.

Le fier animal qui par nature, aimait à se tromper sans la moindre honte, prit une souris pour remplacer son « ph » par un seul « f ». Subtilité qui lui semblait aller de soi pour atteindre son objectif numérique. Ainsi il pouvait se vanter de n'être qu'un petit éléfant en 7 lettres.

À l'école, la maîtresse n'entendit pas de cette oreille pareille fantaisie. La dame lui posa immédiatement un bonnet d'âne sur la tête pour cette grosse faute d'orthographe non sans lui avoir tiré les oreilles de manière excessive. De ce jour et par solidarité, toutes celles des pachydermes cessèrent de pointer vers le ciel.

Qu'importe qu'il finisse souvent au piquet, notre cancre continua à faire cette faute en dépit des remontrances et des coups de triques. Son obstination à s'affranchir des règles fut remarquée en haut lieu et il ne tarda pas à faire son chemin dans la vie. Il fut nommé ministre de l'éducation nationale pour imposer une réforme de l'orthographe et remplacer tous les « ph » par des « f ».

Ceci déclencha un tollé d’indignation et un mouvement de protestation vit le jour après la révolte des éphémères qui estimaient que leur vie était déjà assez courte sans qu'il fût nécessaire en plus de raccourcir leur nom. D'autres suivirent le chemin à commencer par les phoques dont le combat fut relayé par Brigitte Bardot et le Phœnix qui se désolait qu'on le gratifie d'un « fénix » misérable.

Puis la protestation se répandit comme une traînée de poudre parmi les thons, les lycanthropes, les panthères qui se désolaient tous de la disparition du h derrière leur t. Il fallait que cesse cette simplification absurde qui dénaturait nombre de mots d'autant que le « mamout » perdait toute son importance.

La chose prit de l'ampleur quand « l'éléfantesque » ministre envisagea de supprimer le Y par trop prétentieux au profit d'un i bien de chez nous. Le nationalisme en matière d'orthographe fait bien des ravages. Ce fut le soulèvement des yacks, des yuhinas et autres yapocks tandis que zèbres et zébus s'interrogeaient déjà sur la survie du Z.

Le ministre retourna à ses chères études, récupéra ses huit lettres et fut promptement mis à pied. Il ne fait pas bon réformer l'orthographe dans ce pays.


Lire l'article complet, et les commentaires