« Au théâtre ce soir » : Les dernières heures de Mohamed Merah

par moderatus
jeudi 13 juillet 2017

Quand sous couvert de culture on met en scène des èvènements terribles, sans tenir compte du choc que cela peut provoquer sur toutes les personnes concernées par ce drame. Tout serait bon pour faire le BUZZ et de l'argent, et pour peut être aussi donner un éclairage particulier inquiétant à certains évènements ?

Des proches de victimes accusent en effet la pièce de vouloir excuser le djihadiste. Une pétition a été lancée et sera adréssée au ministre de la culture : pétition contre la représentation de cette pièce.

"Nous qui avons la responsabilité de porter la voix de ceux qui ont péri à Toulouse et Montauban et celle de leurs familles, nous considérons qu'une telle entreprise de réhabilitation dans le contexte que nous traversons sous couvert d'alibi culturel est une honte et un déshonneur."

Demain on montera peut-être une pièce sur l'affaire Grégory ou on fera un film sur l'attentat de Nice.

Le festival d’Avignon a monté une pièce intitulée « Moi, la mort, je l'aime comme vous aimez la vie ».

C'est le titre de la pièce de Mohammed Kacimi, mise en scène par Yohan Manca, qui fait polémique à Avignon et qui raconte les dernières heures de la vie de Mohamed Merah. ''Héros'' de la pièce.

Racoleur, n'est-ce pas ? On a eu des titres de films « mort d'un pourri » par exemple qui eussent été plus appropriés, mais non, les dernières heures de ce personnage sont importantes, celles des victimes, pas vendeuses.

Les familles des victimes sont révoltées, mais on ne les a pas consultées avant de monter cette pièce.

Leur douleur qui va être ravivée, le souvenir de ces victimes, la compassion, le respect, on s'en fout.

Mais les investisseurs qui ont monté ce spectacle ont des arguments pour masquer leur vénalité et leur cynisme.

Au nom de la liberté d'expression, la sacro-sainte liberté d'expression, même si elle est offense, vulgarité, cynisme, voyeurisme, appât du gain.

Autre argument.

Expliquer, ne pas excuser bien sur, on est cynique mais pas à ce point, faire comprendre.

L’auteur de la pièce, Mohamed Kacimi, donne ses arguments minables que l'on entend souvent dans ces cas.

''Ce n’est pas une réhabilitation de Mohammed Merah", il ne manquerait plus que cela. "C’est une interrogation par rapport à un monstre que la société a engendré".

Bien sûr ce pauvre Merah n'est qu'une victime de notre société, il n'est que le produit de notre société ; c'est notre société qui est dégueulasse et qui a fait de cet homme un barbare. La responsabilité individuelle, balivernes.

Moi je m'interroge sur la vénalité d'un tel auteur et sur ses réelles motivations.

Quand on connaît les faits, on se demande.

Que faut-il expliquer ?

Qu'y a t-il à comprendre ?

Quelles circonstances atténuantes chercher pour rendre ces crimes moins odieux.

Il n'y a pas de mots pour qualifier la barbarie de tels actes, et quelle compréhension avoir vis-à-vis d'un monstre qui n'a d'humain que l'apparence. Je me refuse à reconnaître une part d'humanité dans ce monstre, comme certains avocats prétendent le faire.

''Il y a dans tout criminel une part d'humanité.''

Même Hitler avait une part d'humanité ?

Les faits sont terrifiants.

Sept morts en onze jours. En mars 2012, celui qui n'était que "le tueur au scooter" d'un premier "fait-divers en 2011" est vite devenu l'ennemi public N° 1.

11 mars : meurtre d'un militaire sur un parking.

Le sergent-chef Imad Ibn-Ziaten, âgé de 30 ans, est abattu d'une balle dans la tête sur un parking désert de Toulouse.

La mort du soldat, d'une balle dans la tête, passe pour l'instant comme un fait-divers local : les enquêteurs évoquent même un règlement de compte ou un différend familial, sans que soient évoquées la piste islamiste. 

En 2012 :

5 mars : deux "paras" tués avec la même arme.

Merah attaque trois Bérets rouges qui retirent de l'argent à un distributeur.

Il fait feu sur ces hommes en criant "Allah Akbar". Le caporal Abel Chennouf, 25 ans, et le 1ère classe Mohamed Legouad, 23 ans, sont tués. Le troisième Loïc Liber blessé est tétraplégique.

19 mars : tuerie à l'école juive Ozar Hatorah.

Sur le trottoir, un professeur en religion, Jonathan Sandler, 30 ans, et ses fils Gabriel, 3 ans, et Arié, 5 ans, sont abattus.

Merah entre alors dans la cour de l'école, saisit par les cheveux une autre enfant, et l'exécute d'une balle en pleine tête. La petite Myriam Monsonégo a 8 ans.

Un adolescent est également grièvement blessé par les tirs.

Les motivations de Merah : la vengeance.

Contre les militaires à cause de la présence Française en Afghanistan

Morts parce que militaires.

Contre les juifs, pour venger la mort d'enfants Palestiniens.

Morts parce que juifs.

Le pire est que les Merah font des émules.

Les frères Kouachi et Amedy Coulibaly ont sûrement été inspiré dans leurs méthodes par Mohamed Merah et ont fait eux 17 victimes en tirant à la Kalachnikov. 

J'espère qu'on ne fera pas un film ou une pièce de théâtre n'est ce pas Monsieur Mohammed Kacimi, sur ces assassins devenus des barbares à cause de notre société bien sûr.

Le meilleur argument contre cette exploitation de l'affaire Merah est donnée par Latifa Ibn Ziaten, mère du premier soldat assasiné par Merah, elle sait de quoi elle parle, elle sait par expérience que si on n'y prend pas garde on peut faire de ces monstres des martyrs.

La mère d’Imad ibn Ziaten, sous-officier du 1er régiment du train parachutiste de Francazal et première victime de Merah à Toulouse a été choquée par cette idée bizarre de mettre en scène la mort de Merah.

Cela me choque parce que mettre Mohamed Merah dans une pièce de théâtre, montrer ça, parler de lui, de ses conversations, c’est faire de lui un héros et je ne trouve pas ça intelligent. Merah, c’est pas un héros, c’est un assassin”.

Latifa Inbn Ziaten a reçu la Légion d'honneur pour son engagement dans de nombreuses actions auprès des jeunes visant à lutter contre la radicalisation, et a monté une association, "l'Association Imad Ibn Ziaten pour la jeunesse et la paix".


Lire l'article complet, et les commentaires